Adobe Muse : le pont de la discorde


User Experience

 

Adobe Muse est un logiciel de construction de sites web, de type WYSIWYG (What You See Is What You Get), qui, comme vu dans un article précédemment publié, permet de créer un site sans jamais n’avoir à écrire ne serait-ce qu’une ligne de code. Par son interface, ses outils, etc., Muse reprend le même modèle qu’InDesign, offrant aux designers du milieu print un pont pour se lancer sur le web.

Muse possède certaines caractéristiques attrayantes, comme sa réflexion purement visuelle, la compatibilité avec les autres logiciels de la suite (il est par exemple possible d’importer des vecteurs directement d’Illustrator), sa connectivité avec CC Libraries pour récupérer ses fonts, photos, vecteurs, etc. Mais ce qui suscite autant d’enthousiasme autour de cet outil, ce sont les vastes bibliothèques de widgets disponibles, et les scroll effects inclus dans le logiciel, permettant de jouer sur les opacités, les vitesses de défilement des éléments, des animations, etc.

 

Muse 1 Adobe Muse : le pont de la discorde

Par sa facilité d’utilisation et ce qu’il promet, Adobe Muse suscite un certain enthousiasme. Il suffit de voir le nombre de tutoriels mis en ligne (aussi bien par l’équipe Adobe (Muse Jam) que par les designers), les sites Adobe Muse : Site of the Day, les conférences (comme Adobe MAX) ou encore certains événements comme le Creative Matchup où deux designers s’affrontent dans la création d’un site, from scratch, en seulement 4 heures. 

Muse 2 Adobe Muse : le pont de la discorde

Menace II Society ?

D’un point de vue technique, Adobe Muse n’est pas vu d’un bon œil par les développeurs, qui vont même jusqu’à le considérer comme une blague, accusant Adobe de ne pas comprendre le web. 

Pour cause, le problème récurrent aux logiciels de type WYSIWYG : la piètre qualité du code généré, ce qui représente en soi un handicap SEO, est un véritable cauchemar si le besoin de modifier ou de mettre à jour le site se présente.
Même si le résultat final est harmonieux, Muse produirait du « bad design ». Entendez par là qu’il serait capable de remplir sa mission esthétique, mais pas vraiment celle de la fonctionnalité et visibilité : pour cela il doit être bien référencé par les moteurs de recherche et facilement modifiable, mis à jour.

Un fait marquant dans le discours des développeurs ou designers web : cette tendance à toujours aller au plus vite et au plus simple.
L’achat de templates de sites web à « personnaliser » est une pratique devenue récurrente, inondant le web de sites qui semblent calqués les uns sur les autres. De la même manière, Muse ne se base que sur des fonctionnalités existantes, des widgets prédéfinis, ne permettant pas d’innover sur d’autres aspects que graphiques. D’où le rôle  irremplaçable des développeurs dont le travail n’en est que plus valorisé à l’arrivée… un peu comme les grands chefs face à l’abondance des fast-food. 

Muse 3 Adobe Muse : le pont de la discordeAesthetic first

Le but de Muse est avant tout de créer une passerelle entre le monde print et digital pour les designers non initiés au code et à l’informatique.
Malgré les problèmes intrinsèques au logiciel vu précédemment, tous s’accordent à dire que Muse n’en est pas moins un bon outil pour la création de “petits” sites, comme des portfolios, sites personnels, événements, ayant principalement un but de « vitrine ». A titre d’exemple, les street-artists cherchent avant tout à créer une belle œuvre sans se soucier de savoir si le mur est mal construit (tant qu’il ne s’effondre pas !)

Adobe Muse se base énormément sur les feedbacks de ses utilisateurs pour évoluer et s’améliorer. Avec des révisions, actuellement tous les trois mois environ, le logiciel a connu de grandes évolutions depuis son lancement, allant de simples corrections de bugs, d’améliorations de la qualité du code, du parallax scrolling, au free-form responsive web design.
Sur le site de Muse, il est possible de soumettre aussi bien ses idées pour participer au développement du logiciel que d’enrichir la bibliothèque de widgets pour élargir les fonctionnalités.


Que penser ?

Il est donc évident qu’Adobe Muse et les autres logiciels WYSIWYG ne pourront jamais remplacer les développeurs web. Et même si dans le débat esthétique VS. fonctionnalité la barque Muse est malmenée, peut-être que celle-ci  a un espoir d’avenir : grâce aux diverses améliorations, au crowdsourcing et au potentiel de la suite Adobe, Muse pourrait devenir un website builder viable pour les non-adeptes du code : une alternative toujours plus créative que le simple achat d’un template…


Affaire à suivre.

 

 


Sources :

 

https://muse.adobe.com/
https://www.michaelpforgie.com/gorgeous-design-but-bad-seo-with-adobe-muse/
https://www.adesignersnightlife.com/new-blog/2016/9/29/does-adobe-muse-nurture-bad-design
https://www.creativebloq.com/creativity/developers-respond-adobe-muse-8112915
https://www.forbes.com/sites/tonybradley/2014/03/18/adobe-muse-makes-it-simple-to-create-professional-websites/#554dcfd6493d

 

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