Voice search, tu veux ou tu veux pas ?

Technique, User Experience

29 avr, 2020

Souvenirs souvenirs… Le film « 2001, l’Odyssée de l’espace » offrait la vision d’un futur aux technologies avancées pour lesquelles les humains étaient considérés comme des problèmes. Pendant longtemps, les commandes vocales vers un ordinateur sont restées dans le domaine de la science-fiction.

Mais depuis quelques années, nous sommes de plus en plus à adresser des demandes qu’elles soient personnelles ou professionnelles à des assistants vocaux tels que Alexa, Google ou encore Siri. Bien que le bouleversement annoncé par ces ces technologies ne soit pas déjà là, elles deviennent de plus en plus puissantes. La recherche vocale est destinée à transformer notre manière de réfléchir et de concevoir l’avenir. 

Un phénomène oui, mais à relativiser

La recherche vocale est, de façon simple, la capacité à parler à un appareil afin d’obtenir une réponse. Elle se distingue de l’assistant vocal puisqu’elle consiste à dicter une requête à un appareil qui va la retranscrire à l’écrit. Dans ce cas, les résultats sont donc similaires à ceux visibles quand la requête est tapée avec un clavier. L’assistant vocal, va, lui, dialoguer et répondre oralement aux requêtes.

Des chiffres aujourd’hui controversés annonçaient que fin 2020, 50% des recherches seraient complétées avec la voix et que la vente d’enceintes vocales augmenterait de 130% l’année suivante ; ces prédictions très optimistes ne sont peut être pas forcément exactes mais elles témoignent d’une progression indéniable du voice search.

Cet engouement s’explique notamment par le fait que l’être humain parle en général 4x plus vite qu’il n’écrit et que les attentes de la société vont dans le sens du plus vite, plus efficace, plus productif. Du côté de l’utilisateur, les avantages se situent également au niveau du parcours, par exemple Google considère l’évolution vers la recherche vocale comme une suite logique au parcours client. Celui-ci voit son expérience largement améliorée car il va pouvoir poser une question oralement à son enceinte, qui va enregistrer la requête (ex: recherche Google Maps) et la traiter sur le smartphone du client.

Les avantages sont également nombreux pour les principaux acteurs sur le marché. Le fait d’avoir accès à un plus grand nombre d’appareils et de marques est générateur de croissance. Amazon a pour objectif de devenir le leader en la matière, et s’est associé par exemple avec Microsoft pour permettre à Alexa ou à Cortana d’interagir et de donner accès à des fonctionnalités telles que Skype via ses appareils : une avance considérable face à Apple et Google.

La recherche vocale est ainsi déjà accessible depuis de nombreux appareils comme des assistants en voiture, type Apple Carplay ou directement à notre domicile sous la forme d’appareils tels qu’Amazon Echo, Google Home, et ce n’est que le début.

Reste qu’il y a des freins à l’explosion de la recherche vocale et notamment la question de la confidentialité : les questions de sécurité et plus précisément celles liées à la sécurité des informations personnelles inquiètent les consommateurs qui soupçonnent leurs appareils de les “écouter”. L’incapacité à répondre à des requêtes trop complexes en est un autre et un enjeu de taille pour les acteurs du marché.

Quel est l’impact des recherches vocales sur notre activité ? Quelles sont les attentes ?

Référencement

La recherche vocale change radicalement la manière dont les résultats sont délivrés aux consommateurs et exige des entreprises qu’elles organisent et optimisent leurs contenus.

Les consommateurs apprennent à poser des questions aux appareils, et les requêtes que nous formulons ne sont pas les mêmes qu’elles soient saisies ou dictées. 

L’impact sur le référencement naturel est direct car un internaute ne formule pas sa requête de la même manière à l’oral qu’à l’écrit. En se débarrassant du clavier, il modifie sa manière d’interroger les moteurs de recherche. L’heure est donc au questionnement autour de mots-clés avec des “Comment”, “Pourquoi”, “Où”, “A côté”, etc ainsi qu’à la refonte de squelettes de campagnes, en jouant avec les groupes d’annonces

De plus, les personnes utilisant leur voix pour faire une recherche sur assistant vocal n’obtiendront qu’un seul résultat, celui qui se trouve sur la position zéro ou “Featured Snippet”. La recherche vocale nécessite donc des optimisations SEO spécifiques comme le choix de mots clés pertinents et la valorisation de l’expérience pour accéder à cette position.

Pour fournir un horaire de train, par exemple, Google va-t-il utiliser des résultats naturels ou bien des flux mis à disposition par la RATP et la SNCF dans le cadre d’un partenariat ?

Autre cas de figure, lorsqu’un internaute aura envie de regarder un documentaire sur le réchauffement climatique, l’assistant vocal Alexa proposera-t-il la vidéo d’un blog issu d’un résultat naturel, un DVD sur Amazon, le service Prime Vidéo (Amazon) ou bien un documentaire Netflix qui serait tout aussi pertinent ?image11 478x1024 Voice search, tu veux ou tu veux pas ?

Le Voice Commerce encore à la traîne

Dans la majorité des cas, les assistants vocaux sont utilisés pour des requêtes au quotidien : recherche sur internet, informations météo, musique, rédaction d’un email ou réglage d’une alarme. Il y a encore peu d’internautes qui utilisent les assistants vocaux pour acheter en ligne, selon une étude de SUMO Heavy, seulement 17% des personnes interrogées ont déclaré avoir consulté ou acheté des produits à l’aide d’un assistant vocal. 

Cela s’explique encore beaucoup par la déceptivité de l’expérience : les résultats des recherches basiques type « acheter des capsules de café » sont plutôt efficaces mais dès que l’on cherche quelque chose de spécifique du type « acheter des capsules de café décaféiné à moins de 15€ » cela se complexifie et les résultats attendus ne sont pas là.

Ainsi, des géants comme Amazon se penchent déjà sur la question, avec des produits tels que Echo Look, Spot et Show. Décrire un produit ne vaudra jamais une photo et comment assurer au consommateur qu’il recevra bien ce qu’il a demandé et que le produit sera bien conforme à ses attentes ?

C’est là qu’un produit tel qu’Echo a un rôle à jouer car il suffit de lui parler pour qu’il affiche un visuel du produit en question. Le consommateur sera ainsi nettement plus confiant lorsqu’il procédera à son achat. Est-ce l’avènement d’un commerce vocal hybride, mêlant recherche vocale et réponses à la fois vocales et visuelles ? A suivre.

Publicité et recherche vocale

Une nouvelle opportunité de revenus se présente et on en voit déjà certains prêts à la saisir. La publicité via les assistants vocaux ne sera pas classique puisqu’on ne pourra pas proposer 3 ou 4 annonces publicitaires. De plus, la publicité poussée devra correspondre à l’attente initiale de l’utilisateur, afin que son expérience ne soit pas dégradée.

Malgré tout, le développement de publicité sur assistants vocaux n’est probablement plus qu’une question de temps. Bien que que les acteurs restent assez vagues et discrets sur le sujet, il y a peu une expérience d’un utilisateur Alexa a attiré les foudres des internautes : à la question “Alexa, comment vas-tu aujourd’hui ?”, l’assistant aurait fait une réponse incitant à jouer à Fortnite. Amazon s’est empressé de démentir la connotation publicitaire de celle-ci et prétend que l’assistant ne fait que faire référence à la culture populaire lorsqu’on la questionne sur ses centres d’intérêts, certains restent sceptiques et ce nouveau terrain de jeu est à surveiller de près.

Sources:

Yext.fr 

Adondance.com

Siècledigital.com

Cybercite.com

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