Green IT : comment construire des sites web plus propres ?

Brand Content, Technique, User Experience

12 fév, 2019

Il était une fois l’histoire des vilaines communications print qui polluaient les océans (et notre vie accessoirement). Un beau jour, un grand chevalier nommé digital fit son apparition et créa la communication “green” sans impression, sans déforestation, sans déchet… Oui mais en fait Non. Nous n’en avons pas toujours conscience, mais les sites web, les applications et le digital au global participent eux aussi au réchauffement climatique de la planète.

Qui ne s’est jamais vanté de préférer les emails aux flyers de boîte aux lettres en pensant faire un geste pour la planète ? Malheureusement cette “pollution numérique” est belle et bien présente et devient alarmante puisque que l’on estime qu’en 2020 les data centers devraient contenir 44 000 milliards de gigaoctets de données (selon un rapport de l’entreprise américaine de logiciels et de systèmes de stockage EM et du cabinet de recherche International Data Corporation). Des volumes gigantesques qui requièrent des quantités considérables d’énergie. Alors qu’en 2017 l’industrie du net représentait 7% de la consommation mondiale d’électricité d’après Greenpeace, en 2025 elle devrait monter à 20 % soit 5,5 % des émissions mondiales de carbone.

Dans ce contexte, certains acteurs du digital soucieux de leur empreinte carbone ont développé des pratiques plus “vertes”. Alors comment concevoir, dans la mesure du possible, des sites éco-friendly ?

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Concevoir des interfaces eco et user friendly

Plus une interface web est est riche et complexe, plus elle est lourde et énergivore. L’éco-conception doit donc débuter dès la phase UX par l’analyse des différentes pages et des fonctionnalités souhaitées. On note que 45% des fonctionnalités demandées ne sont jamais utilisées (selon le Rapport Chaos 2015 de l’institut Standish Group). L’objectif ici est donc de déterminer en amont l’utilité de chaque contenu et fonction.

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En parallèle de l’ergonomie, le design doit également tenir compte ces considérations. Plus un graphisme sera simple et épuré, plus le site sera léger. Plusieurs aspects peuvent alors être optimisés :

– Les médias : des formats comme le .jpg ou .mp4 seront plus légers

– Les couleurs : certaines couleurs comme le blanc consomment plus que les autres

– Les animations : ces effets purement esthétiques nécessitent du code Javascript qui est plus lourd

Les web designers ne doivent pas hésiter à supprimer les éléments superflus de l’interface car en plus d’optimiser son poids, l’expérience utilisateurs sera aussi améliorée. En effet, la majorité des sites les plus populaires ont des designs sobres et épurés.

La mobilité est également un enjeu à prendre en compte en phase de conception-création. Un site Mobile first ou Responsive design pourra proposer des contenus plus légers en fonction du device utilisé, le temps de chargement sera donc réduit.

Optimiser les développements : le green code

La consommation énergétique d’un site peut varier suivant la manière dont il a été codé. Un mauvais code impliquera davantage de calculs du processeur et nécessitera alors plus d’énergie pour fonctionner. Les développeurs peuvent optimiser leurs fonctions et leurs lignes de code pour le rendre plus efficace et donc plus propre : on parle de “green code”.

En 2015, le collectif “Conception Numérique Responsable” qui regroupe une soixantaine d’organisations françaises (annonceurs, institutions, agences web, cabinets d’étude en environnement…) a publié un référentiel détaillant 115 bonnes pratiques à appliquer en eco-conception web, parmis lesquelles :

– La mise en cache des contenus
– Le traitement asynchrone lorsque c’est possible
– La minification des scripts
– La génération des spritesheets CSS
– La réduction des redirections
– La désactivation de certains logs…

Ces recommandations sont accessibles en ligne sous forme d’une checklist sous une licence libre de droits.

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Pour connaître l’impact environnemental d’un site web, il est possible d’utiliser de outils en ligne comme Ecograder ou Ecoindex. L’analyse qu’ils proposent se base sur un certain nombre de paramètres techniques dont le nombre d’éléments du DOM, la bande passante c’est-à-dire Ko transférés et le nombre de requêtes HTTP.

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Exemple d’indice proposé par Ecoindex

Choisir un hébergeur “vert”

Les data centers sont en quelque sorte les usines de l’ère numérique. Ces centres regroupent des milliers d’ordinateurs et de serveurs sur lesquels sont stockées les données des sites web. Ces appareils sont très énergivores car ils tournent 24h/24, 7j/7 et nécessitent également beaucoup d’électricité pour les refroidir. En moyenne, un data center consomme 30 mégawatts soit l’équivalent d’une ville de 25 000 habitants !

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Des hébergeurs soucieux de leur impact sur l’environnement, compensent leur émission de carbone en achetant des Certificats d’Énergies Renouvelables (REC en anglais) auprès de fournisseurs d’énergie verte ou en plantant des arbres. DISKO oeuvre dans cette démarche. Grâce au partenariat avec la start-up Treedom , nous nous engageons à garantir que les dispositifs de communication que nous mettrons en oeuvre fassent l’objet d’un calcul des émissions de CO2 produites et d’une compensation carbone équivalente prise en charge par DISKO.

Concrètement, nous subventionnons la plantation d’arbres à hauteur de l’empreinte calculée.

De la même façon, pour le déplacement de nos équipes, nous passons par The Treep, start-up qui propose des solutions de mobilité green et nous aide à diminuer notre empreinte carbone.

De leur côté, certains data centers tendent à se responsabiliser en utilisant la chaleur produite par les serveurs pour chauffer des immeubles ou des piscines publiques par exemple.

D’autres acteurs vont plus loin en développant des sources d’énergies 100% renouvelables comme l’éolien ou le solaire pour pour alimenter leur data centers.

Découvrez une sélection des meilleurs hebergeurs verts.

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Badge HTML proposé sur le site de l’hébergeur Kualo

Améliorer le référencement

Chaque jour, 3,5 milliards de recherches sont effectuées sur Google. Représentant 40% de l’empreinte carbone, le moteur de recherche est considéré comme le plus grand pollueur du secteur numérique.

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Le SEO est donc un aspect de l’eco-conception à ne pas négliger. En optimisant le référencement d’un site web, celui-ci devrait se retrouver dans les premiers résultats, faisant ainsi baisser le volume de recherches..

Vers une labellisation ?

Les normes NF environnement et Ecolabel reconnaissent les efforts des entreprises en matière de développement durable. Si une chemise, un canapé, une robinetterie ou encore un téléviseur peut être certifié, qu’en est-il d’un site web ?

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A date, aucun de ces deux grands organismes n’est en mesure de certifier la démarche d’éco-conception. Pour combler ce vide, depuis 2018,  un groupement d’organisations privées et publiques appelé le “ Club Green IT ” expérimente en partenariat avec l’université de La Rochelle, un label “Numérique Responsable”. Cette certification s’appuie notamment sur le référentiel de bonnes pratiques mis au point par le Collectif Numérique Responsable (115 bonnes pratiques). Une ONG d’envergure internationale devrait très prochainement confirmer sa participation au label.

En conclusion, l’éco-conception, c’est un peu comme le recyclage : on a l’impression que notre impact isolé ne sert pas à grand chose ; mais en réalité si chaque personne de la chaîne fait attention aux détails, cela peut réellement changer l’empreinte carbone. Le plus dur est d’en prendre conscience et admettre que les clouds de données sont loin d’être aussi légers que les vrais nuages.

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Sources
Webmarketing.com
Blog.altares
Le Monde
Linfodurable
Opportunities Digitales
Greenit
Geeko Lesoir

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