T’apprends, t’appliques. J’applique, J’apprends.

Etude de cas, User Experience

30 jan, 2019

Voici une histoire simple, avec une conclusion assez basique.

Paul arrive en cours, comme tous les jours. Les sciences économiques et sociales, ce n’est pas trop son truc. Mais il n’était pas assez bon en maths pour aller en S et n’aimait pas assez lire pour aller en L. Il est 9h, il s’assoit sur sa chaise et le cours de SES commence. Le professeur est derrière son bureau et dicte un cours de manière monotone. On ne peut pas lui reprocher que le cours ne soit pas intéressant, il n’est juste pas interactif.

Paul n’écoute pas, ça ne lui parle pas la stratification sociale, encore moins les cycles économiques. Selon lui, ça n’a aucun intérêt. Alors, il finit par arrêter de prendre le cours. Il se dit qu’avec les coef des autres matières il trouvera bien un moyen de compenser sa note au Bac.

Vous l’aurez deviné, Paul n’était pas très bon en maths non plus. Avec un coef plus que conséquent et un 4 en note finale, notre petit Paulo n’a pas eu son BAC.

FIN

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Bon, ce n’est pas vraiment la fin… essayons un autre scénario.

Paul arrive en cours, et cette fois-ci, c’est différent. Pas de cours, on rentre dans le vif du sujet. Le professeur demande à ses élèves de présenter une stratification sociale de Paris. Paul est interloqué, il ne sait pas ce que c’est. Alors il part à la bibliothèque pour trouver un livre qui en parle. Il finit par découvrir un classement, une méthodologie. Mais il lui manque des informations, il regarde sur internet des éléments sur la population de Paris…
Paul se retrouve à travailler, et devinez quoi ? Il adore ça. Il comprend ce qu’on lui demande. Il est épanoui.

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Paul finit par rendre une étude plus que convenable. Et mieux encore, il a compris et assimilé les notions.

Et, oui, puisque vous le demandez, Paul a bien empoché son Bac. Enfin, non, il a eu un bon 15 en SES mais il était toujours extrêmement mauvais en maths, impossible de compenser. Mais nous nous éloignons du propo

Dans cet exemple, Paul est soumis à la pédagogie inversée. Cette nouvelle formation a pour avantage de stimuler les élèves qui ont le sentiment de réaliser un vrai projet. En plus de les motiver, cette méthode responsabilise des étudiants qui avaient pour habitude de travailler de façon scolaire. Notre étudiant s’est senti impliqué et a assimilé les notions importantes de son cours.

Et l’on se souvient alors de ces mots plein de sens cités par Benjamin Franklin :

« Tu me dis, j’oublie. Tu m’enseignes, je me souviens. Tu m’impliques, j’apprends ».

Plus question de rester assis à écouter un professeur parler pendant des heures. Plus de fourmis dans les jambes à force de rester bloqué sur sa chaise.

Maintenant on nous briefe et on pitche.

Des études sur les lycées ayant adopté cette méthode s’avèrent plus que probantes. Ce n’est certes pas la recette miracle mais certains professeurs affirment ne plus jouer le rôle du gendarme. Les “mauvais” élèves se sentant plus impliqués retiennent mieux leur cours. Selon une étude réalisée sur 120 professeurs d’école ayant adopté cette pédagogie : 80% d’entre eux estiment que celle-ci a eu des effets positifs sur leurs élèves. Aussi, selon Eric Mazur un professeur d’Harvard, les professeurs ne dépensent pas leur énergie dans la première étape d’enseignement et la ré-injecte ainsi dans les les questions qui suivent au fil de l’exercice.

C’est du win-win finalement.

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En plus de la pédagogie inversée : Le pier to pier

Quand on a une interrogation, on ne regarde pas son cours bêtement, on va chercher l’information nous-même. C’est en effet cette accessibilité aux connaissances qui leur permet de faire preuve d’initiatives. Mais il n’y a pas seulement sur internet qu’on apprend, cette méthode pousse les élèves à se poser des questions entre eux et à apprendre de leurs pairs. Cela favorise le travail d’équipe et l’entraide de façon implicite.

Les écoles de demain

Née des nouveaux métiers du digital, ce type de formation se répand et occasionne la création de nouvelles écoles telles que l’École 42, la Web School Factory, l’École W…

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Pour ceux qui ne connaitrait pas encore l’École 42, créée en 2013 par Xavier Niel, fondateur de Free, elle est la pionnière de la pédagogie inversée. Le principe est simple : aucun professeur. Les élèves récupèrent un mot de passe à l’accueil et s’installent dans une salle avec assez de Macs pour fournir un Apple Store. S’en suivent des instructions d’exercices. Aucun cours disponible, il faut tout chercher sur internet, ou demander à son voisin (le fameux pier to pier, vous vous souvenez non ?). Souvent sollicités par les meilleures boites de tech, les entreprises s’arrachent les étudiants de 42.

Xavier Niel a pensé cette école pour qu’elle soit formatrice, et quoi de mieux que d’être directement confronté aux demandes de réelles entreprises.

Mais ces formations ne s’arrêtent pas aux portes des lycées et facultés. De nombreuses entreprises se sont penchées sur la question.

MOOC, mais qu’est ce que c’est ?

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Apparus pour la première fois en 2012, les Massive Open Online Courses représentent les plateformes qui proposent des formations en ligne. Répandu depuis quelques années, de plus en plus de facultés utilisent ce système pour répondre à des besoins de temps et de formations. C’est notamment à l’université de la Sorbonne Paris 1 qu’on y retrouve le 1er MOOC de France en nombre d’inscriptions (en moyenne 30 000 inscriptions par trimestre depuis sa création) . « Quand vous formez une personne, vous pouvez changer sa vie. Quand vous en formez beaucoup, vous pouvez changer le monde. » (Pierre Berthou)
Ces MOOC sont ensuite apparus dans les entreprises offrant un gain de temps et d’argent. En effet, il est coûteux en temps et financièrement de former un salarié, la formation en ligne représente donc un bon compromis


“Je me forme comme je veux, j’apprends à mon rythme“. Le MOOC répond aux problématiques de temps de de niveaux auxquelles peuvent être confrontés les collaborateurs.

Blended learning : vous y avez déjà pensé ?

Vous avez besoin de former vos collaborateurs virtuellement par pédagogie inversée, d’accord. Mais justement, tout le monde n’est pas d’accord. Il ne faudrait pas en perdre certains en route. Pourquoi ne pas tenter le blended learning ? Moitié classique et moitié e-learning.

Une partie de la formation reste présentielle : on interagit et on dialogue sur les points qui peuvent être flous, tandis qu’une partie se présente en e-learning : on gère sa formation comme on l’entend, quand on a le temps, quand on a la motivation pour apprendre.

Il existe une pluralité de modèles de Blended learning, adaptables aux besoins et aux moyens de l’entreprise.

Ces nouvelles méthodes de formation découlent d’un phénomène encore plus grand : la transformation digitale. Transformation digitale qui apporte également de nouvelles méthodes managériales.

Attendez, vous avez dit transformation digitale ?

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La transformation digitale devient la priorité n°1 des entreprises. Transformation “digitale” ? Oui elle est aussi connue sous le terme de transformation numérique, plus adaptée à la langue de Molière.

La transformation digitale, on en parle on en parle mais qu’est ce que c’est finalement ?

C’est une transformation, dans notre cas de l’entreprise, qui permet de résoudre des problèmes et des tâches qui s’avèrent répétitives grâce à des innovations technologiques.

Prenons comme exemple le travail d’une présentation. Fut un temps, on rédigeait sous Power Point, on se l’envoyait, on faisait des commentaires, on se le renvoyait, on réécrivait, il y avait une erreur, on renvoyait une V27… Ca n’en finissait pas. Aujourd’hui, la magnifique invention d’un Google Drive nous évite toutes ces étapes intermédiaires et permet un travail collaboratif plus efficace.

La transformation digitale se caractérise également par l’abandon de la verticalité entrepreneuriale : on donne plus de responsabilités à tous les échelons de l’entreprise. Cela passe par plusieurs applications :

On briefe constamment, on fait des points.

Que ce soit physiquement ou via le RSE (réseau social d’entreprise), on prend le temps de discuter avec l’équipe. De voir où en est le projet pour évaluer son avancement. Ce mode “start-up” vise à favoriser l’échange et l’effervescence d’idées. Ce n’est plus sa place dans la hiérarchie qui définit la valeur d’une idée. A chaque échelon, on peut participer à l’amélioration de l’entreprise. Le leitmotiv ? Se sentir impliqué c’est s’investir d’autant plus (ça ne vous rappelle rien ?)

Dans cette même logique, on cherche à favoriser l’autonomie.

Pousser à prendre des initiatives, c’est un gain de temps pour tout le monde. On pousse le collaborateur à s’auto-gérer. Finie la liste de tâches suivies sans réel but et sans motivation. Maintenant, c’est lui qui gère son emploi du temps et la priorisation de ses missions. Il est autonome et il sait ce qu’il doit faire. Vous pouvez lui faire confiance, c’est vous qui l’avez formé.

Fail early to succeed sooner : le droit à l’erreur.

Ces nouvelles méthodes managériales implique de valoriser l’échec. C’est accepter que l’on peut se tromper, mais le risque en vaut sûrement la chandelle. Ce n’est pas négatif pour autant ! Les américains sont bien plus en avance que nous sur ce point. Prenons l’exemple de leur industrie cinématographique. Sur 10 pilotes de séries télévisées, un seul sera reconduit pour 1 saison entière. Ils n’y verront pas un échec, au contraire. Les productions prendront en compte les points qui n’ont pas fonctionné pour apprendre de leur erreurs. Et preuve en est, les séries américaines sont parmi les plus présentes sur nos écrans à travers le monde. Il est ainsi important d’implémenter ce système à même l’entreprise : on est plus opérationnel et réactif si on s’est déjà pris un mur en pleine tête !

Le mode projet, c’est valoriser le travail d’équipe.

Améliorer le travail de chacun sur du pier to pier (ça vous évoque quelque chose également, non ?) apporte aussi du positif au sein de votre entreprise.

Les collaborateurs apprennent des autres et communiquent en flux continu. On se retrouve en réu, on passe des call, on brainstorme ; on apprend à gérer son temps en équipe et on ne perd pas le fil. Tout le monde à sa place et tout le monde se sent impliqué dans le projet.

On va plus vite, on communique plus.

Plus de travail solo. On ne travaille plus de façon isolée, on créée un RSE et on lance les infos dès qu’on a besoin. Finies les boucles de mails interminables sur des semaines qui traitent d’un sujet qui pourrait être réglé en une demie-journée. On pense efficace.

La pédagogie inversée fait écho aux phases de transformation/transition digitale des entreprises et semble répondre aux enjeux d’aujourd’hui : manque de temps, classes de plus en plus chargées, besoins pour les entreprises d’éléments plus qualifiés.

Cette nouvelle forme d’apprentissage va-t-elle transcender les secteurs et les organisations ? Quitte à s’installer dans les institutions publiques de nos écoles à nos facultés, et à révolutionner les méthodes de management des entreprises. Nous on y est déjà, et vous ?

Sources
La classe inversée
Innovation pédagogique
Formatguide
HBR France
Kapitec

 

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