Webdesign : place à l’éthique

Brand Content, User Experience

2 mai, 2018

Quel créatif n’a pas un jour été confronté à une réflexion introspective sur le sens et l’utilité réels de son travail ? Après quelques années d’expérience et une prise de recul sur son activité, il est en effet fréquent que le designer s’interroge sur son rôle et sur l’impact social et humain de son métier. Ses convictions personnelles sont en général contradictoires avec son activité et génèrent des interrogations quant au respect d’un certain sens moral dans ses productions.

Suite à cette prise de conscience collective, de nombreux professionnels décident aujourd’hui de remettre l’éthique au cœur de leur travail pour avancer vers une conception plus responsable.

Une nouvelle façon d’appréhender le design 

Le 12 mai 2017 se tenait à l’ENS de Lyon, la première conférence dédiée à la conception numérique durable en France : Ethic by Design, organisée par l’Organisation des Designers Éthiques. Réunissant des profils variés tels que chercheur en éthique du design, responsable de la stratégie, doctorant en philosophie, designer, journaliste ou bien encore UX, cet évènement a permis à travers différents ateliers de réfléchir à des problématiques liées à la conception de services plus respectueux des usagers.

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Mais qu’entend-on réellement par éthique au sein du design? Avant tout, la considération des valeurs humaines, sociales et écologiques durant toutes les phases d’un projet. L’accent est donc mis sur l’aspect humain plutôt que le côté consommateur. À l’issue des ateliers organisés par Ethic by Design, les principales problématiques dégagées concernent des notions d’accessibilité, ou bien des questions de société comme l’impact écologique ou la prise en compte globalisante des usagers.

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Pour illustrer de manière un peu plus concrète ce concept, Gauthier Roussilhe, a parcouru l’Europe à la rencontre de 12 designers pour comprendre comment ils intégraient cette notion d’éthique dans leur profession. Un documentaire passionnant, où l’on découvre une approche anthropocentrique des projets, résolument sociale et contemporaine. Geoffrey Dorne nous y présente notamment son application « Refugeye » qui permet de simplifier la communication entre les personnes réfugiées et les organismes d’aide par des pictogrammes. Un moteur permet d’effectuer des recherches de pictogrammes dans un grand nombre de langues, puis de les associer ou de les modifier pour exprimer des notions parfois compliquées à expliquer comme par exemple la censure ou l’exil.

Le designer numérique, responsable de notre addiction ? 

On ne peut parler d’éthique sans également évoquer la notion de design de l’attention.

En 2016, Tristan Harris, ancien employé de Google lance une bombe dans la sphère du digital lorsqu’il affirme que « des millions d’heures sont volées à la vie des gens, manipulés chaque jour sans qu’il n’y ait aucun débat public sur le sujet ».
Après avoir quitté son poste de « philosophe produit » au sein de la firme, il crée son label « Time well spent » grâce auquel il délivre de précieux conseils pour prévenir les addictions aux appareils et propose une charte éthique aux designers pour produire de façon plus responsable.

Il est indéniable que les interfaces conditionnent bel et bien notre comportement au quotidien, nous poussant sans cesse à interagir et consommer d’avantage. Si cela fait le bonheur des annonceurs, les utilisateurs sont souvent entrainés malgré eux dans un phénomène de dépendance. On peut alors se demander s’ils sont les responsables ou bien les victimes de leur addiction.
Coupable ou non, tout le monde s’accorde à dire que le rôle du designer est primordial dans le rapport que nous entretenons avec les technologies. James Williams, de l’Université d’Oxford affirme que « Les technologies ne sont pas de notre côté, il faut le comprendre ! Elles nous distraient plus qu’autre chose. Les designers le savent et ne sont pas innocents.»

Flora Fischer, doctorante en philosophie des technologies à la Sorbonne et chargée de programmes de recherche au Cigref a établi un concept basé sur trois typologies de profils différents. Toutes les personnes susceptibles d’être influencées sont catégorisées comme « mineurs » et les « directeurs de conscience » regroupent les applications mobiles qui influent sur le comportements des « mineurs ». Les designers doivent quant à eux occuper le rôle de « majeur » et ont la responsabilité de vulgariser de manière pédagogique ces outils à destination des mineurs.

Le mot de la fin

Le concept de design éthique reste encore assez flou pour beaucoup de designers avec une application peu concrète dans leur travail quotidien. On constate néanmoins l’émergence de divers projets portés par des personnalités bien décidées à bousculer les codes établis et à repenser notre manière de concevoir le design numérique, le débat ne fait donc que commencer simple smile Webdesign : place à léthique

 

Sources :

https://maisouvaleweb.fr/le-des igner-est-il-un-manipulateur-m anipule/
https://medium.com/aya-experie nce/le-designer-est-il-un-mani pulateur-manipul%C3%A9-c7c3e64 f8e07
https://2017.ethicsbydesign.fr /#
https://www.nouvelobs.com/rue8 9/rue89-le-grand-entretien/201 60604.RUE3072/tristan-harris- des-millions-d-heures-sont- juste-volees-a-la-vie-des- gens.html

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