Rétro is the new black

Brand Content, User Experience

17 mai, 2018

Depuis plusieurs années nous assistons à une renaissance du rétro. Véritable argument commercial, surtout en matière de « vintage », le rétro a petit à petit envahi l’esthétique d’aujourd’hui et s’est infiltré dans tous les domaines.

Ces derniers temps les années 80-90 ont particulièrement la côte, il suffit d’ailleurs de regarder ce qui se passe du côté de la mode, quand Balmain, Versace ou Tom Ford font défiler des mannequins vêtus de couches superposées, de leggings zèbre, de blousons trop grands ou d’épaulettes démesurées, on sait qu’il se passe quelque chose !

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Depuis l’arrivée de Stranger Things, certains ont entièrement embrassé leur côté nostalgique. Bonjour motifs hallucinants, couleurs néon, nintendos, 16-bits… Que vous le vouliez ou non enfants des années 80, vous êtes officiellement rétros.

Pour le meilleur et pour le pire, plongeons la tête la première dans un grand bain de glitchs, de pixels et d’absurde, et remontons le temps pour explorer l’esthétique rétro d’aujourd’hui.

Trois tendances, notamment, se sont fait remarquer en 2017 : le Brutalism, le Memphis et le Vaporwave. Le brutalism ayant déjà été traité ici, nous avons sauté cette étape et dirigé notre DeLorean vers les destinations suivantes.

Escale Memphis

Memphis, c’est une esthétique qui nous vient tout droit des années 80, redéfinissant l’industrie du design et sa décennie d’origine. Les années 80, c’est la couleur et c’est aussi le cas de Memphis.  Des couleurs vives, lumineuses, franches, des formes géométriques et des motifs vectoriels, des formes superposées… Ajoutez une famille de typo linéale là-dessus, et vous avez la recette.

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Ce style aurait été créé par le groupe du même nom en 1981 sous la coupe de l’architecte Ettor Sottsass. Basé à Milan en Italie, il travaillait aussi avec des architectes du monde entier. La légende veut que le nom du courant vienne d’une chanson de Bob Dylan (Memphis Blues Again) entendue pendant l’une de leurs réunions.

Memphis perdure quelques années et s’éteint avant de réapparaître peu à peu dans les consciences. Il est officiellement ressuscité en 2014 lorsqu’American Apparel demande à Nathalie Du Pasquier, membre du collectif Memphis d’origine, de designer une collection.

MTV

Parmi les exemples qui illustrent l’utilisation de l’esthétique Memphis, MTV se situe en bonne place avec un branding ou des déclinaisons qui font montre des principes évoqués plus haut. Ce top 10, réalisé pour la version vietnamienne de la chaîne, est assez explicite : couleurs primaires franches, formes géométriques superposées, tout est là.

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BOOMERANG

La chaîne Boomerang était en cours de rebranding l’an dernier dans l’optique de se repositionner comme un acteur dominant sur le marché de la télévision pour enfants. Art&Graft s’allie à Cartoon Network et propose courant Avril une refonte de l’identité de la chaîne qui s’inspire également du Memphis design. On vous laisse juger par vous-même !

 

Surfons sur la Vaporwave

Aussi proche de la tendance Synthwave (mais ne mélangeons pas les deux, on fâcherait les connaisseurs :D), ce courant est d’abord né musicalement. Il a circulé un peu partout sur Tumblr et fait le tour de Reddit au début des années 2010. Les clips vidéos avaient une esthétique visuellement travaillée, souvent perchée, dérivée de la sous-culture des années 80 et 90.

Cela a démarré par des expérimentations stylistiques de musique électronique qui reprenaient du jazz, de la funk et du new age en les mélangeant et les superposant. Si d’aventure vous souhaitiez remplir vos oreilles de notes rétro acides, le morceau phare du courant se nomme Computing Lisa Frank 420de Macintosh Plus (quand on vous dit que c’est rétro). Cela dit, vous pouvez vous refaire la BO du film Drive de Kavinsky, vous serez dedans aussi.

Parlons un peu visuel puisque c’est tout de même le sujet qui nous intéresse… L’art Vaporwave c’est essentiellement des photographies avec des défauts d’impression, des bugs vidéo, des vieux styles graphiques (ça parle à quelqu’un le Word Art ?), des figures ou statues gréco-romaines, des éléments tropicaux (palmiers, montagnes, océans, dauphins, faites-vous plaisir), la culture japonaise (typo, vues de villes), du pixel art 8 bit. Ah et l’Arizona Ice Tea aussi.

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Attention les yeux

Dans la culture populaire, le style inspire tous les domaines. Far Cry Blood Dragon, jeu vidéo sorti en 2013, a son action immergée dans un univers totalement inspiré par la Vaporwave et le fameux rétro-futurisme, tout en néons et couleurs acidulées. Des groupes et sites fleurissent sur la Toile pour créer, recenser, étendre la tendance, comme par exemple RAREGXNG sur Facebook, ou le site newretrowave.com.

Les fans apprécieront : la série Rick et Morty surfe également sur la vague rétro/Vaporwave, par ses couleurs acides, ses scénarii absurdes et son côté Retour vers le Futur-qui-aurait-mal-tourné.

On peut encore citer des artistes dont l’esthétique visuelle s’inspire de ce courant : c’est le cas de Lil Peep, icône de l’emo rap, disparu en 2017.

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Dernièrement on a pu voir du visuel Vaporwave jusqu’à la pochette du single Party de Chris Brown.

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Pour une expérience immersive, on vous conseille aussi le site de la radio Nightwave Plaza qui vous plongera dans l’ambiance : visuels rétros à l’aspect de vieille VHS endommagée, lignes néon, fenêtres Windows 98, tout est là pour vous partager entre l’impression d’un trip à l’acide et d’un plongeon dans le passé.

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Revenons au présent

Finalement, du rétro, il y en a pour tous les goûts : du propre et coloré, du cramé et acidulé, sans parler du vintage artisanal qui sert de fond aux confitures cuites au chaudron.

Pourquoi cet engouement pour les années 80-90 ? Il est probable que la génération née à l’époque et atteignant aujourd’hui la trentaine se plaise à ressasser le passé : il y’a dans l’esthétique de l’époque une authenticité, une liberté visuelle totalement hors contrôle.

Cela nous rappelle peut-être aussi l’époque de l’émerveillement où nous étions encore fascinés par ce bon vieux Windows, excités par des jeux pixellisés et friands d’effets spéciaux… et où tout semblait encore à faire dans le design… avant que la technologie ne devienne le banal compagnon quotidien que l’on connaît aujourd’hui, et que l’on se surprenne à dire « il était bien ce film mais alors les images de synthèse, je n’y ai pas cru une seconde ! ».

Le passé rend, quelque part, le présent plus excitant.. Donc on ne sait pas vous mais nous, on chausse direct nos Nike Dunk de 86, on enfile nos lunettes Aviator et on va se revoir Kung Fury pour l’occasion !

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