The handmade tales

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28 mar, 2018

C’est au grand retour du fait-main que l’on assiste ces derniers temps. Mais loin du pull de mamie tricoté au coin du feu, l’artisanat se modernise et se confronte à des problématiques plus actuelles. Alors, fait-main 2.0 ?

En réponse au digital, à l’uniformité et à l’accélération de nos modes de vie, s’est développé de nouvelles tendances en faveur de l’artisanat et de l’expérientiel. Le fait-main attire de plus en plus de monde, et touche des domaines aussi divers que variés, en passant par la mode, la décoration intérieure, la vie de tous les jours, etc.

Mais l’artisanat et les nouvelles technologies sont-elles réellement à opposer?

La fabrication digitalisée

L’artisanat est un terme portant à débat, surtout à notre époque, où les machines effectuent beaucoup des travaux autrefois réalisés artisanalement. On s’en fait principalement une image d’objets d’art totalement faits-mains, basés sur les traditions, l’apprentissage d’un savoir-faire manuel long et fastidieux ainsi que l’usage de matériaux nobles et de qualité.

On a, entre autres, tendance à s’imaginer l’artisan dans son atelier, passant un nombre incalculable d’heures à travailler minutieusement chacune de ses créations.

Mais quelle est alors la place des techniques plus récentes ?
Les techniques de fabrication digitales telles que la modélisation ou l’impression 3D offrent de nouvelles possibilités aux artisans et adeptes du fait-main.
Par exemple, l’impression 3D permet de créer des objets en déposant une matière définie couche par couche.

Cela permet notamment de se soustraire aux techniques traditionnelles de création, telles que la sculpture, poterie, etc. Il est alors possible de créer avec pour seule base son imagination et sa créativité, et ce sans le frein du savoir-faire et d’un temps d’apprentissage conséquent.

Certains procédés d’impression 3D sont maintenant relativement accessibles financièrement, et sont utilisés par des artistes travaillant des pièces uniques. La technologie ne doit pas seulement être associé à l’industrie de masse. L’utilisation des nouvelles technologies permet de venir enrichir un artisanat traditionnel, plutôt que le remplacer.

Elle peut être utilisée intelligemment afin de faciliter la tâche du créateur : lui faire gagner du temps sur la production et ainsi lui en laisser davantage pour la conception, lui permettre de faire des prévisualisations et ainsi aider ses clients à se projeter, ou encore l’aider à vendre ses créations.

De nouveaux canaux de vente

De nos jours, les gens font de manière générale davantage attention à la façon dont ils dépensent leur argent. Ils seront plus enclins à l’investir dans des objets uniques, personnalisés, de qualité et durables plutôt que pour des objets sans âmes et fabriqués en masse.
Depuis 2005, Etsy a révolutionné la vente d’artisanat en ligne et domine encore actuellement le marché. Fin 2017, les ventes de marchandises ont explosé les records et dépassé le milliard de dollars.

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Devant la demande, Amazon créait lui aussi en 2015 sa propre plateforme de vente d’artisanat afin de concurrencer Etsy : Amazon Handmade.

Bien qu’ayant également leurs désavantages, ces nouveaux canaux permettent de faciliter les ventes d’artisanat pour les artisans, anciens comme nouveaux, en leur proposant une plateforme de vente dédiée, et donc une certaine visibilité. N’importe qui peut se lancer et vendre du collier en perles jusqu’à l’armoire sculptée en passant par la sculpture ou la lingerie. L’artisan peut alors se consacrer à la création plutôt qu’à la vente ou à la communication de ses oeuvres.

Blossom, quand le fait-main rencontre la technologie

Blossom est un petit robot domestique issu de la collaboration entre Cornell et Google ZOO. Bien que ses confrères aient un look quelque peu semblable les uns des autres (aspect sans défaut, plastique blanc et brillant, lignes arrondies, présence d’écrans etc), celui-ci se démarque vivement de ses camarades par son aspect unique.

Son design externe est en effet fait à la main à partir de matériaux naturels tels que le bois ou la laine, coton, etc, pensés pour améliorer le contact tactile et l’interaction.

En mixant technologie et techniques traditionnelles telles que le tricot/crochet/couture et travail du bois, on obtient un rendu à la fois organique, chaleureux et personnel. Bien loin des tendances actuelles en robotique, plus froides et sans défauts.

Très axé Do It Yourself, le robot laisse au consommateur le soin de réaliser son habillage externe, le rendant à la fois personnalisable et personnifiant. L’acheteur peut ainsi créer le design de son propre robot, ou bien même l’offrir à un proche en vue d’un cadeau personnalisé.
Le fait-main vient ici enrichir la technologie brute du robot et aide à créer une expérience, une relation particulière avec lui. Cela confère ainsi à l’objet une identité propre.

blossom The handmade tales

Que la technologie vienne enrichir le fait-main ou bien l’inverse, les deux mondes ont énormément à s’apporter mutuellement. Avec l’essor des technologies nouvelles et de la digitalisation, les routes de ces univers ne seront à l’avenir peut-être plus parallèles à celles de l’artisanat mais tendront à s’entrelacer.

 

Sources

https://spectrum.ieee.org/automaton/robotics/home-robots/blossom-a-creative-handmade-approach-to-social-robotics-from-cornell-and-google

https://theconversation.com/the-digital-handmade-how-3d-printing-became-a-new-craft-technology-77559

https://www.thestar.com/business/2018/03/23/artisan-cashes-in-on-amazon-handmade.html

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