Yik Yak, le discret come back

Etude de cas, Influence, Social Media

29 sept, 2021

L’application mobile est de retour, mais par la petite porte. Yik Yak, success story sur les smartphones en 2013, tente son retour, mais uniquement aux Etats-Unis, et sur iOS. De quoi tester le comportement des internautes avant de la proposer plus largement. 

Originellement lancée en 2013 par Tyler Doll et Brooks Buffinton, l’application Yik Yak connaît son petit succès en atteignant en un an une valorisation de 400 millions de dollars. Son principe est simple : une plateforme de partage de contenus sous le couvert de l’anonymat sur une localisation restreinte. Un réseau social novateur avec de belles promesses qui va rapidement s’éteindre en raison des controverses qu’elle va engendrer. En 2017 l’application ferme ses portes et annonce son retour 4 ans plus tard.

Comment ça marche ? 

Yik Yak est un réseau social basé sur la publication de contenus appelés les “Yaks”. Ses principales composantes sont l’anonymat et la géolocalisation. En effet, la proximité géographique tient un rôle majeur puisque chaque message ne peut être visualisé que par des utilisateurs situés dans un rayon d’environ 8km (5miles). Les publications sont soumises à un système d’up & down votes, dénommé Yakarama, comme on peut le retrouver sur reddit par exemple. Cette fonctionnalité permet de mettre en avant certains sujets vis-à-vis d’autres moins populaires.

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Une faille dans le système 

Bien qu’ayant rendu l’application populaire, l’anonymat a également été la raison de sa chute, avec des dérives telles que le cyber harcèlement, les menaces, le bodyshaming, les propos racistes ou incitant à la haine. Le système de proximité géographique rendant tout cela d’autant plus sérieux : la personne ayant posté du contenu problématique peut tout à fait être rencontrée fréquemment sur un campus, au bureau, à la supérette du coin… De nombreuses écoles bannissent l’application, entraînant une baisse de popularité de l’app. De plus, une faille est détectée dans le système et permet de révéler la véritable identité des utilisateurs. Le constat se fait sans appel : une perte de 76% des utilisateurs et la fermeture de la plateforme en 2017.

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Le retour 

En 2021, Yik Yak annonce son grand retour sur Twitter. Cette fois-ci, l’app tient de nouvelles promesses avec un nouveau système de garde-fou afin d’éviter les mêmes dérives qui ont mené à sa chute. Chaque utilisateur se verra exclu à la moindre publication de contenu insultant, menaçant ou de harcèlement.

Pour débuter sur la plateforme, rien de plus simple, il suffit de télécharger l’application et de renseigner son numéro de téléphone. Un code de vérification est envoyé à l’usager qui doit passer en revue un court tutoriel expliquant comment interagir avec les autres utilisateurs et les notions à respecter. L’application conserve l’essentiel de ses anciennes caractéristiques : l’anonymat et la géolocalisation de ses consommateurs, ainsi qu’un “hot feed” et le système d’up & down votes. Chaque message ne peut contenir que 200 caractères et chaque interaction avec un post publié (par un commentaire ou un like) est récompensé d’un point de “Yakamara”.  A contrario chaque “Yak” recevant 5 votes négatifs est automatiquement retiré du feed, afin d’éviter tout gain de visibilité et modérer les propos haineux. Bien qu’aidant à réfréner le cyber harcèlement, cela n’évite toutefois pas la controverse : une publication pouvant très bien être screenshottée avant sa suppression, puis transférée par message ou via d’autres applications. 

En ce qui concerne l’anonymat, celui-ci n’est plus établi comme une norme et l’utilisateur a désormais le choix d’utiliser un pseudonyme ou son vrai prénom comme nous pouvons le voir sur les autres réseaux sociaux. 

À retenir

Ses créateurs (Find Your Herd), entendent rendre au titre ses lettres de noblesse. Les mêmes ressorts sont de retour : l’anonymat des utilisateurs, le classement des publications par popularité, la géolocalisation. Mais les détenteurs du titre, qui en réalité  sont une nouvelle équipe ayant acquis ce qui restait de Yik Yak en février dernier, entendent se défaire de l’image sulfureuse attachée à leurs prédécesseurs. Ils présentent donc leur app comme un “catalyseur de conversations honnêtes”, et multiplient les outils permettant de signaler les faits de harcèlement et encouragent la bienveillance entre utilisateurs. Pas si sûr de leur fait toutefois, ils se contentent de relancer leur titre sur iOS, et uniquement aux USA. Un bêta-test prudent, en somme.

Sources : 

https://www.slate.fr/story/99155/yik-yak

https://www.androidkult.com/yik-yak-est-de-retour-ce-que-vous-devez-savoir-sur-lapplication/

https://news.fr-24.com/technology/167125.html

 

 

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