L’être ou le pas être : ces influenceurs virtuels qui s’immiscent dans notre réalité

Social Media, User Experience

18 fév, 2019

Vous avez surement déjà croisé leur chemin sur Instagram, à la télévision ou même à l’occasion d’un concert. Eux, les influenceurs virtuels. Hier cantonnés au réseau social de l’image, ils sont aujourd’hui présents partout. Olivier Rousteing, himself, a sollicité 3 mannequins CGI (Computer-Generated Imagery) afin de mettre en avant les collections de la maison Balmain. Margot, Shudu et Zhi ne sont rien d’autre que virtuelles et pourtant ce sont des stars.

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Phénomène fascinant ou effrayant, ces nouveaux influenceurs questionnent

L’influenceur est un individu qui, grâce à son charisme, ses valeurs, son empathie peut agir sur les comportements de consommation.

Imaginez maintenant que ce pouvoir d’influence soit délégué à des images de synthèse générées directement depuis la Silicon Valley. Incroyable n’est ce pas ? Pourtant vous n’avez pas pu passer à côté du phénomène Lil Miquena ou Bermudaisbae, des influenceuses virtuelles dont les communautés grandissent à vitesse grand V. Le sujet n’a pas encore été traité par les scénaristes de Black Miror eux-mêmes, et pourtant il pose de nombreuses questions quant à notre perméabilité au fake sur internet.

Ce n’est un secret pour personne, nous vivons dans un monde digitalisé ! Les machines ont petit à petit remplacé certains métiers afin de gagner en productivité et rentabilité. Et celles-ci s’invitent aujourd’hui dans des activités où la personnalité est au coeur du métier.

Après s’être révélés sur les réseaux sociaux, ces hologrammes investissent des endroits insoupçonnés.

Chanteur, artiste, personnalité, personne n’y échappera !

Dans l’imaginaire actuel, l’achat d’un billet de concert correspond à une expérience qui, au-delà d’une écoute musicale, nous permet d’admirer le talent d’une personnalité qui nous fascine, d’un héros des temps modernes. Seulement demain cette fascination naîtra peut-être de personnalités artificielles. Cela semble déroutant, et pourtant…

Le 1er décembre dernier,  des milliers de personnes se sont déplacées  pour assister au concert de Hatsu Miku ! Pour chanter et danser au rythme de cette créature virtuelle née sur Youtube en 2007, et projetée en dehors de la toile après être apparue dans des publicités télévisuelles pour des géants de l’industrie comme Toyota ou Sony. Mais c’est après avoir effectué en 2014 la première partie d’un show de Lady Gaga que le phénomène a dépassé les frontières.

Pharrel Williams a lui aussi été conquis par la chanteuse virtuelle, et a remixé le titre culte d’Hatsune Miku : Last Night, Good Night.

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La popularité de cette humanoïde n’incarne pas la vision apocalyptique de robots ou chanteurs virtuels remplaçants les humains, comme on pourrait le penser. Ce personnage aux personnalités infinies développe la créativité de chacun dans un esprit collectif. En effet, tout le monde peut utiliser sa voix et son apparence dans ses propres contenus. Elle est la représentante d’une nouvelle forme de culture 2.0 à laquelle chacun peut participer.

Le virtuel fascine, le virtuel fait vendre !

Certaines marques n’ont pas hésité à sauter le pas et à faire de ces influenceurs de véritables égéries. Dans sa nouvelle campagne, Renault nous présente Liv, sa nouvelle ambassadrice virtuelle pour son dernier modèle de véhicule. Le sujet de la campagne ? « Ressentir de vraies émotions. »

 

Paradoxalement, l’utilisation de Liv participe en réalité à la tendance de la digital detox. En effet, en utilisant une entité faite de pixel qui ressent enfin des émotions, Renault nous invite à quitter un monde virtuel trop souvent investi par l’homme au point de le déshumaniser, afin de retrouver de vraies sensations au volant du nouveau Kadjar #conceptdepub.

On vous en parlait en début d’article : Olivier Rousteing, directeur artistique de la maison Balmain, s’est également emparé du phénomène pour présenter sa nouvelle collection. Le résultat : trois nouvelles égéries virtuelles pour la fameuse Balmain Army, autrefois trustée par les Kardashian ou Rihanna. Ce recrutement inattendu est incontestablement à double tranchant. D’un côté, le jeune créateur reste à la pointe de la tendance et à l’écoute des signaux faibles qui régissent le média star (Instagram) chez les jeunes, mais de l’autre, il s’expose aux détracteurs qui se questionnent sur la légitimité de ces muses 2.0.

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En effet, il est nécessaire de souligner le paradoxe de cet tendance nouvelle génération. Depuis quelques années, nous assistons à la remise en cause des injonctions faites aux femmes et surtout au diktat du corps parfait. Alors, est-ce de bon ton d’utiliser des égéries aux mensurations plus parfaites que la plus parfaite des mannequins humains ? Certains en doutent et le dénoncent.

Toutefois,  le « fake » assumé de ces personnalités apparaîtra pour d’autres comme décomplexant. Ici pas d’embrouille, le mensonge est consenti. Bien que ces influenceuses singent nos comportements, elles ne possèderont jamais la capacité de réflexion, un libre arbitre, ou des émotions. Finalement elles n’existent qu’à travers le regard de ceux qui les contemplent.

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