Clubhouse, alias le marketing de l’élite

Etude de cas, Influence, Social Media, User Experience

1 juin, 2021

Depuis son lancement en 2020, la célèbre application Clubhouse créée par la société Alpha Exploration Co, parle et fait parler d’elle. Accessible uniquement sur IOS à ses débuts, 23% des français au premier trimestre 2020 possédant un iPhone, faisaient déjà partie du réseau (Canalys). 

L’application s’émancipe de tous les codes traditionnels des réseaux sociaux actuels, et cela fonctionne… mais quelle est donc la clé de ce succès ? 

Comment ça marche ?

L’application est basée exclusivement sur un concept audio. Les participants se retrouvent dans des “rooms” classées sous différentes thématiques, pour écouter des podcasts ou bien partager leurs idées en temps réel. Chacune des rooms peut accueillir 500 participants, mais c’est très rare d’en avoir autant. Ici, pas d’enregistrement ni de rediffusion, tout repose sur l’interactivité et la spontanéité. Afin de se créer un réseau, il est possible de suivre des clubs ou bien d’avoir des suggestions via nos centres d’intérêt.

image 1 clubhouse Clubhouse, alias le marketing de lélite

Ce qui a le plus enchanté les utilisateurs, c’est sûrement le mode d’entrée de l’app. Un téléchargement n’est pas suffisant pour s’inscrire. Pour pouvoir y accéder il faut avoir été invité. Le sentiment d’élite et de rareté est une recette qui a toujours séduit les consommateurs. Ainsi, pour donner un ordre d’idée, le participant B est invité et parrainé par le participant A, et peut à son tour envoyer des invitations à 3 personnes maximum. Cependant, une personne bannie par les modérateurs annule toutes les invitations qu’elle a envoyées au préalable. Les modérateurs sont les organisateurs qui peuvent aussi désigner d’autres personnes afin d’alerter des comportements inappropriés lors des discussions. 

L’application fonctionne grâce à 5 icônes. Tout d’abord la loupe, qui permet de rechercher des personnalités ou des clubs organisés autour de divers thèmes. Par la suite, l’enveloppe qui donne la possibilité de gérer nos trois invitations et le calendrier qui nous suggère des salles en fonction de nos goûts et des groupes que l’on suit. Enfin, la cloche qui nous indique nos notifications et la photo de profil qui nous permet de modifier nos informations personnelles. 

En bref, une application simple d’utilisation et innovante qui laisse entrevoir de réelles possibilités pour les professionnels du marketing digital.

Comment intégrer Clubhouse à sa stratégie digitale ?

En termes de chiffres, l’application a laissé entrevoir un réel engouement : en seulement quelques mois, plus de 8 millions de téléchargements ont été effectués.

Dans le large éventail des avantages présentés par l’app, le premier demeure dans la possibilité de se placer comme “leader d’opinion”. À travers des rooms, un des ambassadeurs d’une marque ou d’une enseigne peut aborder des sujets propres à son domaine et mettre en avant son expertise. Additionnée à l’exclusivité des interventions, cette interaction directe avec sa communauté renforce les liens. En effet, l’idée n’est pas seulement de partager son “savoir”, mais aussi de donner la parole aux auditeurs ou aux concurrents et ainsi s’améliorer grâce à leurs commentaires. En prenant conscience des attentes et besoins des utilisateurs, on peut apporter une réponse bien plus rapidement. De plus, être un des pionniers de l’app représente un réel avantage en termes de connaissance des codes. Il est donc simple de devenir une personne influente et créer ou tester des concepts rooms dans le futur. 

image 2 clubhouse Clubhouse, alias le marketing de lélite

Mais ce n’est pas tout, participer à de nombreuses rooms donne une possibilité de se faire remarquer et d’élargir son réseau. À titre d’exemple, des salons sont exclusivement réservés à la mise en relation des PME, ce qui peut être une belle opportunité pour une start up qui cherche à se développer ou à promouvoir son concept auprès d’investisseurs. 

Par ailleurs, de nombreuses marques ont attiré de nouveaux clients, grâce aux thématiques spécifiques des rooms : une personne entrant dans une room est forcément intéressée ou curieuse vis-à-vis d’un sujet. C’est un canal essentiel pour les community managers en recherche d’engouement et de visibilité. Pour illustrer ce propos, prenons l’exemple du partenariat entre le groupe Pernod-Ricard pour la marque de cognac Martell, avec l’entrepreneuse et créatrice Karen Civil en 2021. Cette association a mis au point des réunions hebdomadaires avec des femmes entrepreneuses, COO, CEO ou indépendantes. 

Enfin, la sélectivité du réseau social représente un réel attrait. Le fait de ne pas pouvoir avoir tous accès à l’application ou bien à une room laisse entrevoir un champ de possibilités marketing : création d’évènements, de concours pour le lancement d’une campagne ou d’un produit. Nous retrouvons par exemple Versace et sa deuxième partie de campagne “Medusa Power Talks” qui a convié de nombreuses personnalités à dialoguer sur le thème de l’empowerment au féminin, ou bien Gerlain et son expérience inédite sur l’app : Olfastory Creations, conversation “intime” uniquement disponible sur le réseau entre le maître Parfumeur Thierry Wasser et la Directrice de Beauté de Harper’s Bazaars, Jessica Matlin.

De plus, ce sentiment d’appartenance à une élite peut être davantage accentué par l’intervention d’influenceurs dans des rooms comme Elon Musk, Mark Zuckerberg ou bien encore Oprah Winfrey.

Alors certes, pour l’instant Clubhouse semble faire un sans-faute. Seulement qu’en est-il des limites de l’application ? 

Une application pas tout à fait terminée

Comme nous avons pu le constater, Clubhouse bouscule les codes. En pleine montée du télétravail, le réseau social est tombé à pic et nous a offert une nouvelle manière de dialoguer. Cependant quelques améliorations restent encore à faire.

En premier temps, Clubhouse prévoit d’enrichir l’user experience pour une ouverture grand public (le concept d’invitation n’étant plus forcément viable à cause des reventes sur Internet à des prix faramineux). Ainsi il compte intégrer des fonctions de sécurité plus définies, de nouvelles directives communautaires et mettre en place des outils pour solliciter l’inclusion. 

Un des plus gros problèmes réside dans la modération en direct. Ce qui semble être un point fort de l’app, termine par être aussi un de ses points faibles : l’audio. Sans un système de recherche textuelle, il est très complexe de déterminer les mots “haineux” et donc de bannir des utilisateurs. 

La communauté française reste encore faible et de nombreux trolls ont fait leur apparition dans les chats audio. À l’aide d’un hacking groupé cela peut devenir très simple de réduire à néant le réseau. 

À l’heure actuelle, Clubhouse compte dans ses rangs une dizaine d’employés et a collecté lors de la seconde levée de fonds, orchestrée par Andreessen Horowitz, plus de 100 millions de dollars. D’après Axios, l’application est valorisée à 1 milliard de dollars et dispose du soutien de plus de 180 investisseurs.

Ce budget combiné avec l’ambition d’améliorer cette plateforme, laisse entrevoir de belles perspectives… à voir si elle perdurera après la crise du Covid. 

 

https://blog.hubspot.fr/marketing/clubhouse-pour-les-entreprises

https://www.blogdumoderateur.com/clubhouse-reseau-social-audio/

https://www.journalducm.com/clubhouse-application-reseau-social/

https://www.indexel.com/marketing-digital/jaitesteclubhouse

https://agence-lndp.com/2021/04/13/clubhouse-une-nouvelle-opportunite-pour-votre-strategie-digitale/

 

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