Assistants vocaux : vers une technologie de fainéant ?

Brand Content, Social Media, User Experience

12 sept, 2018

Voilà voilà, on y est ! Les assistants vocaux commencent à apparaître un peu partout et on (le commun des mortels) ne sait pas vraiment à quoi ça sert… Quelle en est l’utilité actuelle en fait ? Ce nouveau pan technologique et soit disant tendance sert-il vraiment autant que leur créateurs le disent ou cela reflète t-il une course à l’égo et à la reconnaissance technologique ?

On change d’époque : fini le temps où l’on apprenait à parler le langage des ordinateurs, maintenant c’est l’ordinateur qui apprend à parler notre langue.

Petit retour en arrière : Amazon Echo, équipée de la technologie Alexa a été lancée dès novembre 2014 aux Etats-Unis, eh oui déjà ! On en a pas beaucoup entendu parler car elle n’est sortie en France qu’il y a quelques semaines pour concurrencer Apple avec son Homepod équipé de Siri, et enfin Google Assistant et ses enceintes Google Home… Bah oui parce que bon il y a un vrai marché là… vraiment ? Décortiquons cela :

Va-t-on vraiment finir comme ces gros personnages dans le film Wall-e ?

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Beaucoup d’entre nous n’ont jamais utilisé Siri sur leur iPhone, sauf peut-être une ou deux fois pour tester au début… mais on a rapidement trouvé inutile de demander des choses oralement alors qu’en quelques clics, on peut tout trouver (sans parler de l’impression étrange que provoque quelqu’un parlant à voix haute à son smartphone). De plus, une fois sur deux, la réponse n’est pas celle attendue et la déception est présente (qui ne s’est pas retrouvé au bord du suicide après avoir répété 10 fois au téléphone “accueil” sur un serveur vocal téléphonique qui ne comprenait rien ?) !

On note d’ailleurs pour illustrer cela la malencontreuse aventure d’un couple de Portland qui a fait les frais de ces ‘incompréhensions” vocales : Alexa a enregistré toute une conversation à leur insu et l’a envoyé à l’un de leurs contacts au hasard.
Cet incident est un vrai désaveu pour Amazon, qui a toujours assuré que ses assistants vocaux n’écoutaient pas les conversations de ses utilisateurs.  Conclusion : l’assistant vocal d’Amazon aurait tout simplement mal interprété plus de cinq commandes différentes de ses utilisateurs, avant de prendre la mauvaise décision.

Hum hum...

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Ensuite ces petites boîtes possèdent une fonctionnalité insoupçonnée : les conversations enregistrées par les enceintes pourraient potentiellement servir de preuves lors d’enquêtes de police. Oui oui, c’est bien un micro connecté et ouvert sur l’intimité de chacun qui trône dans notre appartement. En effet, en 2016 après que la police ait demandé d’entendre l’assistant vocal d’Amazon dans le cadre d’un meurtre, les conversations ont permis de déterminer la culpabilité d’un accusé. Du coup depuis, les conversations peuvent désormais être enregistrées et Amazon reste flou quant à l’utilisation de cette technologie quelque peu intrusive…

Quand on voit que Google propose directement aux marques d’intégrer sa technologie dans tout un tas d’appareils type enceintes, robots, véhicules, tablettes… nous n’aurons sûrement pas le choix que de nous coltiner nos amis vocaux dans un futur proche (aux États-Unis, 1 foyer sur 5 est déjà équipé de son smart speaker). En même temps, tellement de R&D et de temps ont été investis qu’il faut bien le rentabiliser ! A titre d’exemple, pour entraîner l’assistant Google, l’enregistrement de milliers de personnes prononçant “OK Google” a été nécessaire… Et en plus, ils font de super pubs pour promouvoir ces fonctionnalités et cela nous donne “presque”envie (DAMN!).

Dernier point et pas des moindres, ces assistants exécutent vos 4 volontés sans politesse. Ainsi la tendance à parler sans émotion et à ordonner devient un vrai problème pour les nouvelles générations directement confrontées à cette technologie.« Ok Google, donne-moi la météo », « Alexa, remplis le frigo », « Siri, appelle ma mère ! ». Déjà que nous sommes habitués à tout avoir rapidement (« quoi Papy, t’as que l’ADSL chez toi ??? Punaise mon site met 20 secondes à apparaître, quoi, c’est naze !! »)… NON à la new gen bossy !

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Amazon s’est senti un peu mal, et a du coup lancé
Echo Dot Kids Edition, une enceinte connectée adaptée aux enfants, qui en plus d’un design plus coloré, remercie et récompense l’enfant qui pose une question poliment… Voilà voilà, on va tous parler à des machines dans des pièces séparées (ça ne vous rappelle rien?).

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Côté applicatif : les fonctionnalités achats Amazon ne marchent pas très bien, Alexa ne reconnaît pas tous les mots et vous achète des lacets plutôt que des baskets… Pour commander une pizza, il vous faudra configurer tout votre compte à l’avance sur un ordinateur pour que ça fonctionne.

Essayons de voir le côté positif des choses, voici quelques opérations qui se sont révélées intéressantes dans l’utilisation de ces nouveaux devices: Warner et son dispositif pour promouvoir la sortie de “Dunkerque”, ou encore du côté des jeux vidéos avec Destiny 2 ou COD qui intègre des skills vocaux agissant directement sur l’action du jeu.

Attendons donc encore quelques mois (voire années) pour découvrir si les agences et les marques trouvent de réelles utilités “positives” à ces assistants vocaux qui vont bientôt envahir notre quotidien… On leur souhaite bon courage !

 

Sources
Benoit Zante / Petit Web
“Pour que les marques trouvent leur voix sur Alexa”
Quand Google soulève le capot de son Assistant”
Mylène Bertaux « Bossy generation » : votre assistant vocal va-t-il transformer votre enfant en « connard »?
Alexandra Saviana pour Marianne.net
Olivier Robillart Enceintes connectées : attention à ce que vous dites à Alexa »

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