2013 : l’année de la « vidéo sociale »

Social Media

13 nov, 2013

Vine, Snapchat, MixBit, Instagram vidéo… ces applications ont massivement investi le web social en 2013, supplantant peu à peu le .gif au profit de la vidéo courte et créative.

Retour sur cette tendance phare de l’année écoulée qui, plus qu’un gadget, bouleverse encore les modes d’expression sur le web. Et offre aux marques un nouveau format de communication, moins intrusif et plus en phase avec les codes « sociaux ».

Quelle appli pour quel(s) usage(s) ?

 

Instagram

L’application incontournable de la photographie de burgers et de pieds au bord de l’eau s’est ouverte à la vidéo fin juin, en réaction à la déferlante Vine.

Le principe ? Des vidéos courtes (jusqu’à 15 secondes) à partager avec sa communauté, et offrant, comme les photos, la possibilité d’ajouter des filtres pour embellir le rendu.

Les marques ont rapidement réussi à tirer leur épingle du jeu : selon une étude réalisée par la société Unruly en septembre 2013, 40 % des 1 000 vidéos les plus partagées sur Instagram sont réalisées par des marques. En tête, MTV (84 vidéos dans le top 1 000), la NBA ou encore GoPro.

Vine

Lancée par Twitter début 2013, l’application permet de créer des boucles vidéo de 6 secondes, en utilisant une ou plusieurs séquences mises bout à bout.

Plus qu’une simple capture du réel, l’application appelle un usage ludique et créatif qui s’adresse volontiers à une frange plus « arty ».

Les marques n’ont pas tardé à s’emparer de ce nouveau phénomène pour produire des clips publicitaires originaux et dynamiques, à l’instar de GAP :

 

Snapchat

L’hiver dernier, la jeune start-up refusait l’offre de rachat de 1 milliard de dollars par Facebook (qui a surenchérit à 3 milliards, toujours refusés), forte de la croissance la plus fulgurante de l’année 2012 pour une application. Cette année, les médias ont largement relayé le « phénomène Snapchat » aux Etats-Unis, où près d’un Américain sur dix a déjà utilisé l’appli sur son téléphone.

Snapchat, ce sont des textos photo ou vidéo à partager avec un ou plusieurs destinataires, et qui s’autodétruisent 10 secondes maximum après leur consultation.

Pas de trace, pas de conséquence… en jouant sur le caractère éphémère du message, Snapchat brise la crainte liée à la diffusion des données personnelles. Et voit ainsi l’explosion du « sexting », ces textos à caractère sexuel…

MixBit

Moins connue, MixBit, lancée en août 2013 par les deux co-fondateurs de YouTube, permet d’utiliser plusieurs vidéos de 16 secondes (les vôtres ou des vidéos rendues publiques par les utilisateurs) pour réaliser des montages allant jusqu’à une heure.

L’avantage de l’appli réside dans la possibilité de créer des films collaboratifs mixant des images hétérogènes. Un nouvel outil pour les créatifs en herbe, mais qui ne concurrence pas encore les applications précédemment nommées.

Comment expliquer ce succès ?

2013 a donc définitivement installé la vidéo sociale dans le paysage du web, surtout américain. En France, l’adoption de ces outils reste encore bien timide face à des usages record aux Etats-Unis.

Ce phénomène s’inscrit dans le prolongement naturel de plusieurs tendances, au premier rang desquelles la colonisation des réseaux par l’image en tant que mode d’expression plus immédiat et spontané (« une image vaut mille mots »). Alors que 90% de l’information perçue par le cerveau est visuelle, l’essor du « visual content » va aussi de pair avec une attention de plus en plus volatile.

Les marques l’ont bien compris, qui investissent de plus en plus dans ces formats plus interactifs et instantanés. Car les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur Facebook, un post contenant une vidéo génère un taux d’engagement 10 fois plus élevé.

Mais ce qui séduit avant tout les internautes, c’est la simplicité d’utilisation. Ces applications démocratisent un média auparavant réservé aux connaisseurs : la vidéo. Plus besoin de maîtriser les logiciels dédiés pour réaliser un montage. L’esprit « broadcast yourslef » clamé par Youtube atteint encore un niveau supplémentaire, incitant chacun à faire preuve de créativité.

Dans leur recherche de nouveaux relais de communication alternatifs, les annonceurs ont donc tout intérêt à jouer le jeu des formats courts et viraux facilement partageables. À l’inverse d’un film publicitaire, la vidéo sociale joue – pour peu de frais – sur la proximité avec les usagers par l’utilisation des codes sociaux (partage entre communautés, esthétique proche de l’amateurisme, etc.).

Mais la vraie opportunité de ces applications, pour les marques, est sans doute d’inciter plus aisément les internautes à créer leur propre contenu. En France, c’est La Redoute qui a lancé la mouvance avec Vine.

Concours Vine La Redoute Les petites histoires 300x300 2013 : l’année de la vidéo sociale

Pour les marques, les applis vidéo pourraient donc être le nouveau vecteur du « crowdsourcing » publicitaire, menant vers des formes de communications créatives co-construites avec l’ensemble de leurs fans, comme l’a fait Pizza Hut pour le Superbowl.

 

 

 

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