L’émergence de l’open data


Technique, User Experience

Depuis quelques mois maintenant, la notion de « data » est présente sur les lèvres des entreprises et acteurs du marketing et de la communication.

Ce n’est un secret pour personne, la « big data » ou volumétrie importante de données issues de sources multiples sur internet cristallise les enjeux marketing de demain.

Mais alors que les professionnels du secteur sont actuellement en pleine réflexion sur la capacité de donner du sens à cette immensité de données, nous assistons à l’émergence d’un autre mouvement : l’open data.


Manuel d’utilisation

L’open data consiste en une ouverture de certaines données par une entité qui les conservait en interne en les mettant à disposition de tiers externes. L’avantage de l’accès à ces données réside dans l’utilisation que ces tiers en font.

De leur manipulation à leur agrégation avec d’autres données en passant par le développement de nouvelles applications et de nouveaux usages, les possibilités peuvent se révéler immenses pour l’utilisateur final.


Afin d’y voir plus clair, voici ce qui pourrait ressembler à un écosystème des 3 acteurs* concernés par l’open data :

1 Les émetteurs de données : les entités qui ouvrent leurs données en les rendant accessibles à tous : l’Etat, les collectivités locales, l’administration, les entreprises privées/publiques….

2. Les réutilisateurs qui développent de nouveaux usages à partir de ces données ouvertes : développeurs, fournisseurs de technologies, l’entreprise même

3. Les consommateurs/nous tous bénéficiant de ces nouveaux usages

 

Qui plus est, les données ouvertes doivent respecter plusieurs règles en étant :

  • Complètes : chaque jeu de données doit comporter toutes les données disponibles à l’exception des données sujettes à des limitations concernant la vie privée, la sécurité ou des privilèges d’accès.
  • Primaires : les données ouvertes sont des données brutes, prises directement à la source, aussi détaillées que possible et sans traitement ni modification.
  • Opportunes : les données doivent être rendues disponibles aussi vite que possible pour être le plus à jour possible.
  • Accessibles : les données doivent être disponibles pour le plus grand nombre.
  • Exploitables : c’est à dire prêtes à être traitées par des outils informatiques.
  • Non discriminatoires : accessibles sans inscription.
  • Non propriétaires : disponibles dans des formats ouverts.
  • Libres de droits


La SNCF franchit le pas

Parmi les exemples francophones, l’initiative qui a récemment retenu l’attention du plus grand nombre est à mettre au crédit de la SNCF. Par le biais de la version béta de son site Open Data ( http://test.data-sncf.com ), cette dernière a ainsi dévoilé certaines données tels que les horaires des lignes Intercités, des Transiliens ou la ponctualité des TGV à l’arrivée. Et comme pour s’engager dans une démarche 100% participative, une plateforme collaborative inspirée de Sosh ou B&You a été mise en place afin de « faire fructifier » les propositions les plus innovantes.


 L’émergence de l’open data

 

A l’heure actuelle, il est évidement trop tôt pour entrevoir les résultats de cette ouverture de données. Cependant, le simple fait d’imaginer, d’ici quelque mois, une application capable de simplifier le quotidien de milliers d’usagers en fournissant des alternatives aux retards éventuels, a de quoi en laisser rêveur plus d’un.


« Open Government Initiative » : pour une démocratie transparente

Outre-Atlantique, on pourra citer Open Government Initiative engagée par le Président Obama en 2009, s’inscrivant dans la tradition américaine de la libre circulation des données. Le but de cette ouverture est de prôner une politique gouvernementale – devenue opaque sous l’administration Bush – totalement transparente. Elle donne, dans l’idéal, la possibilité aux citoyens de contribuer à la création de contenus, à l’échange d’idées politiques et in fine de permettre aux gouvernements de bénéficier d’une opinion plus juste sur le ressenti et les idées politiques des citoyens américains.


 L’émergence de l’open data

A mettre au rang des premières avancées de cette Open Government Initiative :

–   Une « restructuration » des agences gouvernementales afin de les mener vers politique d’ouverture complémentaire

–   La transparence sur les dépenses fédérales jusqu’au niveau des sous-attributions budgétaires

–   La publication de nouvelles règles éthiques pour freiner les lobbies


Dissolution d’Etalab : une régression après l’ouverture ?

Bien que les projets d’open data se développent en France, surtout du coté des collectivités,  l’annonce de la dissolution d’Etalab, créée en 2011, pourrait marquer un coup d’arrêt de leurs progressions dans l’Hexagone. La plateforme ayant pour mission de réunir et de diffuser librement les données publiques auprès des réutilisateurs est le symbole même d’une l’utilisation précaire de l’open data en milieu politique.

 L’émergence de l’open data

 

Autre exemple : la vive réticence de la RATP, après un revirement timide sans avoir accès aux horaires des métros et RER, laisse présager une longue et pénible acceptation de la pratique de l’open data par d’autres émetteurs influents. Une situation qui confirme que l’utilisation de l’open data reste encore limitée.

 

Cependant, nous sommes en droit de penser que l’open data sera bel et bien au cœur des réflexions à venir. C’est d’ailleurs l’une de nos convictions premières chez Disko. Les observations actuelles nous confirment que nous ne sommes qu’aux prémices de l’existence et de la démocratisation de l’open data. Les deux problématiques centrales concerneront donc la capacité des réutilisateurs à activer les leviers permettant une utilisation intelligente et concrète des données mais également une volonté forte d’ouverture de la part des principaux émetteurs de données.

On peut d’ores et déjà entrevoir certaines possibilités commerciales dans divers secteurs qu’il serait possible de coupler à l’open data :

Dans le domaine du cinéma par exemple, un site tel qu’Allociné pourrait proposer un service d’alertes aux abonnés via les données concernant les lieux de tournage fournis par Paris Data. Le service alerterait l’internaute lorsqu’il se situerait à proximité d’un lieu où a été tournée une scène de film et l’inciterait à visualiser la scène sur son smartphone. Un service qui peut se révéler à terme rentable si l’on y associe des push pour commander le film en DVD ou VOD.

 

 

*Informations extraites du Livre Blanc : « Open data, quels enjeux et opportunités pour l’entreprise ? » http://www.bluenove.com/publications/actualite/publication-du-livre-blanc-open-data-quels-enjeux-et-opportunites-pour-lentreprise/

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