Ces films qui ont repoussé les limites du cinéma


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Il y a peu, on découvrait une nouvelle bande annonce très impressionnante de « The Revenant », le prochain film, très attendu, d’Alejandro González Iñárritu. On y retrouve Leonardo Di Caprio, métamorphosé pour l’occasion en trappeur américain du début du 19ème siècle.

Depuis, les réseaux sociaux et les médias s’enflamment pour l’acteur prodige et réclament d’ores et déjà l’Oscar tant convoité par la star pour sa performance très attendue dans le film. Cependant, et même si le talent de Leonardo Di Caprio n’est plus à prouver, ce n’est pas là que réside la plus grande prouesse de ce film.

En effet, pour réaliser « The Revenant », Alejandro González Iñárritu et son directeur de la photographie, Emmanuel Lubezki se sont lancé un défi fou : celui de tourner l’intégralité du film en extérieur et uniquement en lumière naturelle dans des conditions parfois extrêmes pour rendre les scènes les plus immersives possibles.

Au final, le réalisateur et son équipe ont dû revoir et ré-inventer de nombreuses méthodes de tournage pour mener à bien ce projet titanesque, déjà annoncé comme l’un des meilleurs films de 2016.

Pourtant, ce tour de force est loin d’être un cas unique dans son genre. Il s’inscrit dans la lignée de ces chefs d’œuvres qui ont, par leur prouesses techniques, révolutionné les codes de l’audiovisuel…

Retour sur ces films qui ont repoussé les limites du cinema…

Birdman

S’il est un film qui incarne à lui seul la virtuosité technique, c’est bien « Birdman » réalisé par… Alejandro González Iñárritu, encore lui.

Toute la complexité de ce film réside dans le fait qu’il est présenté comme un long plan-séquence de près de 2h dans lequel évolue Riggan Thomson (incarnée par Michael Keaton), un acteur déchu qui tente de monter une pièce de théâtre.

Pour le réalisateur mexicain, le but de ce plan-séquence était avant tout d’apporter de la fluidité et une unicité à l’histoire, mettant en scène les différentes facettes et l’évolution psychologique du personnage principal.

C’est la première fois qu’un plan-séquence constitue l’intégralité d’un film. Même si, en réalité, il s’agit de plusieurs prises longues qui, par des trucages, sont mises bout à bout pour donner l’impression d’un seul et même plan.

Cette œuvre expérimentale, résultat d’un véritable travail d’équipe et d’une organisation quasi-militaire, constitue l’un des projets les plus ambitieux qu’ait connu le cinéma.

Et avec 4 Oscars en poche (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original et meilleure photographie), Alejandro González Iñárritu a réussi le pari de mettre la technique, poussé à son paroxysme, au service de l’histoire.

 

Les Fils de l’Homme

Pour autant, cette technique du plan-séquence n’est pas nouvelle et à l’instar de son compatriote mexicain, le réalisateur Alfonso Cuarón s’est lui aussi essayé à l’exercice du plan-séquence dans le très bon film « Les fils de l’homme » sorti en 2006. Résultat : une scène culte, incroyablement immersive, de près de 4 minutes où les protagonistes sont attaqués dans leur voiture par leurs assaillants.

Par la complexité de son exécution, ce plan-séquence a nécessité la mise en œuvre de moyens techniques inédits avec notamment la création complète d’un dispositif de caméra (Doggy Cam) directement greffé sur le véhicule.

Gravity

Fort de cette réussite, Alfonso Cuarón poussera plus loin l’expérience, 7 ans plus tard, en s’attaquant à un autre monument du cinéma : le septuple Oscarisé « Gravity » !

Cette fois-ci, plus question de course-poursuite ni d’apocalypse ; il s’agit d’un ballet spatial d’une heure et demie dans lequel deux astronautes, survivants d’une mission spatiale, tentent de regagner la Terre.

Un scénario simple qui cache en réalité une mise en scène aussi complexe que sa mise en oeuvre.

En effet, pour rendre le film le plus immersif et réaliste possible, il fallait recréer cet effet d’apesanteur. Or, filmer les acteurs dans ces conditions était quasiment impossible. Qu’à cela ne tienne, si le sujet ne peut pas se mouvoir en apesanteur dans un décor, c’est le décor qui bougera autour de l’acteur.

Après des semaines de travail, Alfonso Cuarón et son équipe mettaient sur pied un dispositif révolutionnaire : la light box, permettant de réaliser des plans-séquence d’une fluidité et d’un réalisme jamais atteints.

The Shining

Pour autant, cette quête du plan parfait ne date pas d’hier. S’il est bien un film qui a marqué l’histoire du cinéma par sa virtuosité technique, c’est « The Shining ».

Et lorsqu’on parle de « The Shining » on évoque inévitablement cette séquence culte où Danny fait du tricycle dans les couloirs de l’hôtel.

Pour filmer cette scène, Stanley Kubrick, perfectionniste dans l’âme, avait besoin d’un mouvement de caméra qui soit à la fois fluide, rapide et agile ; un mouvement impossible à réaliser avec les travellings classiques.

Il fait donc appel au caméraman Garret Brown qui avait mis au point quelques années plus tôt un mécanisme révolutionnaire : le Steadycam. Avec ce dispositif, la caméra est fixée à l’opérateur par un harnais et est reliée à un bras articulé. Des poids et contrepoids compensent les secousses.

Frôler les murs ou raser le sol devient alors un jeu d’enfant et Kubrick peut alors suivre le parcours de l’enfant « à la manière d’un tapis volant ».

Par son audace, Kubrick aura ouvert la voie vers une esthétique inédite et fait de « The Shining » l’un des « films-références » en matière de techniques de prise de vue.

 

Vertigo

Parmi ces films-référence, il est un autre chef d’œuvre du cinéma que l’on se doit de citer. Il s’agit de «Vertigo » (« Sueurs Froide ») qui résume bien tout le génie d’Alfred Hitchcock.

Dans ce film de 1958, on assiste à l’une des scènes les plus cultes du cinéma : Scottie, interprété par James Stewart, est pris de vertiges alors qu’il monte les escaliers de la tour d’une église.

Les spectateurs découvraient, pour la première fois, un des effets de prise de vue les plus spectaculaires jamais vus : le travelling compensé ou effet Vertigo.

Ce procédé combine un travelling avec un zoom dans le sens opposé et à la même vitesse.

Le sujet reste donc cadré de la même manière mais l’arrière plan semble lui s’approcher ou s’éloigner du sujet.

Idéal pour donner de l’intensité à un plan et exprimer des états psychologique variés tels que le vertige, l’effroi ou la fascination, cette technique a depuis été largement utilisée dans de nombreux films et demeure l’un des effets les plus identifiables du 7ème art.

 

 

Plans-séquences, travelling fluides, plans Steadycam, travelling compensé… toutes ces techniques révolutionnaires qui font aujourd’hui partie du paysage audiovisuel, participent directement à l’enrichissement de la vidéo, dépassant même les limites du support cinématographique.

Tous ces films cultes, nés du génie et de l’ambition de leurs créateurs ont un point commun : celui d’avoir ouvert la voie vers de nouvelles techniques de prises de vues qui sont aujourd’hui le moteur de tous les productions audiovisuelles ; du spot publicitaire à la vidéo de marque, en passant par tous les supports de communication digitaux.

 

 

 

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  1. Dand le paragraphe Birdman il est dit « C’est la première fois qu’un plan-séquence constitue l’intégralité d’un film. » C’est archi faux.
    Je n’ai pas une culture incroyable donc je n’en citerai qu’un:
    L’arche russe (2002) d’Alexandre Sokourov
    😉