Pour en finir avec la surcharge informationnelle


Social Media, User Experience

Trop d’info, trop de tweets, trop de data, trop de contenus ? Cela fait bientôt quinze ans que l’information overload (ou sa savoureuse contrepartie française infobésité) revient tel un marronnier questionner notre rapport au nouveau monde digital, sans trouver de solutions au déluge informationnel. Et si nous changions plutôt notre point de vue sur une réalité déjà bien installée ?

De Gutenberg à WordPress

Oui, le volume d’information augmente désormais de façon exponentielle. Ceci n’est guère nouveau, c’est le corollaire de chaque révolution des médias. Et il est fort vraisemblable que cette tendance perdurera, avec les quantités de contenus que nous produisons et partageons au quotidien. Depuis l’avènement de l’imprimerie moderne, l’homme a toujours eu à sa disposition plus de contenus qu’il ne pourrait consommer en une vie entière.

La production de contenus a jusqu’ici été régie par des impératifs économiques simples : produire, à risque, des oeuvres que l’on espérera vendre à un public. Cela implique un coût de production (à avancer), et un coût de distribution, pour s’assurer de toucher ledit public. Unique solution pour rendre ce modèle à risques viable : le filtrage des oeuvres en amont, pour ne publier que celles de qualité, susceptibles de pouvoir se vendre. Même mécanique au 20ème siècle pour la musique, le cinéma, les programmes de radio ou de télévision.

Avec le développement d’internet, le coût de publication et de diffusion d’une oeuvre s’est rapproché de zéro. Résultat, plus rien n’empêche quiconque de publier son oeuvre. Sans le moindre risque économique. Territoire du DIY, internet se caractérise aussi par une absence de filtrage à la source.

infobubbles Pour en finir avec la surcharge informationnelle

Le web, du brut au raffiné

Nous sommes passés d’un monde top down à un monde participatif, du confort de la rareté à une sollicitation décuplée de notre attention (déjà sérieusement en péril selon certaines stats). Mais en échange, se profile une liberté de choix salutaire dont il nous reste encore à apprendre les mécanismes, en avançant.

L’explosion des silos a engendré une abondance sans précédent, et créé un vide dans nos repères de consommation. Si notre confiance se reporte plus volontiers vers nos pairs, ou vers des spécialistes devenus référents sur les sujets les plus pointus, il va également nous falloir apprendre à façonner les flux que nous choisissons de recevoir.

Ce monde est encore en pleine transformation, tant sur ses fondements technologiques que comportementaux. Le filtrage a changé de côté, il est désormais entre nos mains, et celles de curateurs amateurs ou professionnels, dont le rôle sera de recréer de la valeur dans un univers infini (et souvent redondant).

D’outils d’agrégation un peu sommaires dans les années 2000, nous sommes progressivement passés à de véritables environnements personnalisables (comme Flipboard ou Google Now), qui remettent en question le fond et la forme du web, devenu un immense réservoir de matière première, peu adapté à nos capacités cognitives.

Cette tendance se confirme avec la multiplication des applications pour smartphones et tablettes, dont la logique de mini-silos ordonnés et personnalisables tente de répondre à notre besoin de rationaliser notre rapport à l’information. La curation fait émerger des voix fortes du bruit ambiant, et la personnalisation commence à dessiner les contours d’un media qui finira par nous ressembler. Ces deux mécanismes sont indispensables à notre adaptation au monde digital, qui ne fait que commencer…

Laisser un commentaire