Facebook Groups : un nouvel outil collaboratif ?


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facebook group Facebook Groups : un nouvel outil collaboratif ?

Il y a maintenant une semaine sortait Facebook Groups, la dernière innovation du géant du réseau social, Facebook. Refonte complète des « anciens » groupes, ce nouvel espace met en avant le partage, la discussion et la privatisation des échanges. Dans le communiqué de presse lié à la sortie de Groups, Mark Zuckerberg expliquait que jusqu’à aujourd’hui, l’un des seuls moyens de limiter la portée de certains échanges était de créer des listes d’amis. Mais que seulement 5% des utilisateurs l’avait fait, et que ceux-ci n’aimaient de toute façon pas ça.

Facebook a donc lifté les groupes et en a étendu les possibilités, et le fonctionnement. Un groupe peut maintenant être public, privé (membres publics mais contenu privé) ou même secret (tout est privé, et le groupe n’apparaitra pas sur les profils des membres). Dans ce groupe, il est possible de partager un mur, des photos, un event, ou même d’éditer un document à plusieurs. Et surtout, de discuter avec les membres connectés via une fenêtre de chat commune.

Des possibilités étendues qui charment les utilisateurs, mais qui malgré tout, posent déjà problèmes à plusieurs niveaux.

Les problèmes des nouveaux groupes

En effet, là ou les anciens groupes manquaient de visibilité et d’engagement (aucun flux n’était publié sur le newsfeed des membres, aucune notification ne prévenait d’un nouveau contenu ajouté au groupe…), les nouveaux groupes font face au problème opposé. Par défaut, un membre reçoit une notification dès qu’un contenu est ajouté. Pour peu que le groupe soit important, l’utilisateur peut vite crouler sous le nombre de notifications et sous les fenêtres de chat non désirées. Il est bien sûr possible de gérer ces notifications, voire même de les désactiver, encore faut-il trouver comment faire.

Mais le plus gros problème se situe à un autre niveau : n’importe qui peut être ajouté à un groupe Facebook par un ami, sans aucune demande préalable ni autorisation. Du jour au lendemain, un utilisateur peut donc se retrouver membre d’un groupe sans même qu’il ne le sache, recevoir des notifications avant d’avoir pu les désactiver, et se retrouver dans des chats à plusieurs avec des gens à qui il n’a rien demandé. En terme d’intrusion dans la vie privée, Facebook vient de frapper un grand coup.

Des pages marketing et des groupes collaboratifs

On peut donc convenir d’une chose certaine : les nouveaux groupes Facebook ne sont clairement pas destinés à des opérations marketing. Le risque de voir les utilisateurs se plaindre pour spam et sollicitations abusives est en effet beaucoup trop important. La partie « marketing » est finalement laissée aux pages, aujourd’hui adoptées par toutes les marques pour des raisons évidentes : l’utilisateur décide d’aimer une page (il va à la rencontre de la marque et non le contraire : il accepte donc d’être sollicité). Et surtout, le contenu publié sur la page remonte sur le newsfeed de cet utilisateur.

Cependant, ces nouveaux groupes vont probablement tirer leur épingle du jeu dans une utilisation réduite, en petit comité (famille, amis ou petite entreprise, par exemple). Chez Disko, nous avons mis en place un groupe Facebook interne, que nous voyons comme un nouvel outil de veille et de partage collaboratif. Nous ne sommes que 10, et nous savions tous à l’avance que nous allions être invités dans ce groupe, évitant ainsi les problèmes relatifs à toute intrusion.

Plusieurs fonctionnalités laissent à pense que le collaboratif va être au centre de l’utilisation de ces groupes : la création et l’édition de documents à plusieurs et en simultané, notamment, fonction que l’on retrouvait déjà sur Google Docs mais qui, ici, est intégrée dans un « espace » de travail plus vaste. La possibilité de créer des évènements liés au groupe, et dans lequel seront invités uniquement les membres de ce groupe, simplifie aussi l’organisation de réunions (par exemple). Le côté « flux de veille », enfin, matérialisé par le Mur et sur lequel les membres peuvent poster ce qu’ils souhaitent et commenter chacun des contenus, font de ces nouveaux groupes Facebook une alternative intéressante à Yammer, le réseau social privée des entreprises.

A court terme, il est possible que des ajustements soient faits, et il y a fort à parier qu’ils concerneront la possibilité d’accepter son ajout à un groupe avant d’y entrer. Mais il y aura probablement peu d’autres changements : « l’offre » de Facebook est claire et pour une fois depuis longtemps, la dichotomie entre Page et Groupe l’est également.

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