Dating : la révolution mobile


Etude de cas, Social Media, User Experience

Exit les amis qui, à chaque soirée vous présentent maladroitement « la copine célibataire d’un pote ». Exit également les longues heures passées sur les sites de rencontres à hésiter entre 5 ou 6 prétendant(e)s qui de toute façon, ne daigneront pas vous répondre les trois quarts du temps. L’heure est désormais à la rencontre via le mobile et les applications dédiées.

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Sites de rencontres traditionnels : vers une lente décroissance ?

 

Jusqu’à présent, le seul élément différenciateur des quelques milliers de sites de rencontres (2 000 dans l’Hexagone) reposait sur la population ciblée et/ou son envie. Quand Celib-Paris mise sur le vivier de célibataires Parisiens, Adopteunmec.com cible la génération Y et titille son côté frivole et avide de “nouvelles expériences”.

La liste pourrait aisément se prolonger et repousser parfois certaines limites (Gleeden, pour les aventures extra-conjugales), le constat resterait le même : après une inscription plus ou moins fastidieuse, l’utilisateur/trice écume des dizaines, des centaines de “cibles potentielles” avant de se lancer dans un dialogue immatériel pour les heures ou les jours qui suivent.

Bilan de la visite : trois quarts de temps passé à surfer pour un quart de rencontres dans le meilleur des cas… Ou comment se retrouver à l’opposé de la promesse initiale.
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Tinder, quand l’UX se met au service de la rencontre physique

 

C’est justement par l’expérience utilisateur que le mobile a enclenché la mue des sites de rencontres. Tinder, s’il n’est pourtant pas le premier service du genre, a ouvert le champ des possibilités sur mobile en simplifiant à l’extrême l’expérience utilisateur :

1 – Discrétion et inscription quasi-instantanée  : la vingtaine de champs à renseigner se voit remplacée par une connexion au profil Facebook de l’utilisateur. Un prénom délesté du nom de famille, 6 photos maximum et 2 lignes de description suffisent pour démarrer l’aventure.

2 – Filtrage des prétendant(e)s : les critères infinis sont remplacés par les photos et la géolocalisation. Les prétendant(e)s se situant dans une zone définie (de 1 à 100 km) sont retenus et défilent, attendant que leur destin soit scellé par un simple mouvement horizontal du doigt (le “swipe”). En moins de 10 minutes, 50 profils sont vus et écrémés au gré des envies de l’utilisateur.

3 – Premiers pas et durée de conversation : si l’utilisateur “matche” avec un(e) prétendant(e), il peut désormais entamer la conversation. Hormis la localisation et le physique, les utilisateurs ne connaissent quasiment rien de l’autre. Une méconnaissance qui les pousse non seulement à franchir le pas facilement et aussi à anticiper une rencontre au bout de quelques minutes (si le test est concluant).
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La mobilité et la rapidité comme clé de voûte

Les applications mobiles font tomber une à une les contraintes des services desktop, et s’imposent progressivement comme le moyen d’accès privilégié par les utilisateurs.

Même si l’on n’accorde pour l’instant à Tinder qu’un succès restreint en France, associé à une cible majoritairement urbaine et issue de la génération Y, les premières pierres sont d’ores et déjà posées. La mécanique ergonomique de ces applications répond à un besoin de simplification né de nos nouveaux usages mobiles.

La géolocalisation impose une liste de prétendant(e)s réduite au plus fort potentiel de compatibilité. C’est encore elle qui vous pousse à franchir le pas de votre palier pour aller boire un verre dans le bar du coin avec, peut-être, votre future moitié. Ces applications répondent également à un besoin d’immédiateté. L’application française Happn en est le parfait exemple en proposant à son utilisateur de retrouver instantanément une personne sur laquelle il a flashé à un instant T, si toutefois celle-ci a pris la peine de s’inscrire au service.

En migrant sur nos smartphones, la rencontre en ligne est également devenue une pratique socialement plus acceptée, partagée, notamment chez les plus jeunes générations.

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Le chantier de la monétisation

Néanmoins, ces applications mobiles possèdent à l’heure actuelle, un talon d’Achille : la rentabilité. Car a contrario de leurs homologues sur PC, la plupart est gratuite. La voie empruntée par Happn – et dans un avenir plus ou moins proche par Tinder – est l’achat in-app, autrement dit la possibilité de souscrire à des fonctionnalités avancées offrant une expérience toujours plus engageante, comme la possibilité de revenir en arrière après un “swipe” précipité sur Tinder.

Reste à savoir si les utilisateurs habitués à la gratuité seront prêts à rencontrer l’amour moyennant finance. “Adopte un mec” s’y est risqué en 2013 en rendant son application payante pour les hommes… ce qui a provoqué l’ire des utilisateurs et une baisse notable de sa fréquentation fin 2013.

 

Révolutionner continuellement l’expérience utilisateur

Aujourd’hui, si 39 % des rencontres se sont font via le mobile*, c’est que l’attrait pour ce genre de support est indéniable. Tinder, Happn, Wingme (nouvelle application permettant à ses amis de suggérer des cibles potentielles) ne sont que les prémices d’une vague d’innovations capables fournir une expérience digitale simple, fluide et en phase avec nos codes sociaux réels.

Les réflexions et optimisations ergonomiques enclenchées par Tinder s’étendent progressivement à d’autres secteurs, comme la recherche d’emploi, d’animaux de compagnie ou même de musique, gommant un à un les freins du format PC pour une expérience plus riche, rapide et… concluante.
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*Source : Forbes : Love On The Run: The Next Revolution In Online Dating

 

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