Ce qu’on retiendra de Google I/O pour l’avenir du Web


Social Media, Technique, User Experience

Le 15 mai dernier s’est tenu l’évènement majeur de Google, auquel ont participé plus de 5000 développeurs et quelques journalistes triés sur le volet. Nous ne reprendrons pas ici le déroulé de la keynote déjà largement retranscrite sur le Web ces deux dernières semaines, ni ne parlerons une énième fois des Google Glass… Ce qui nous intéresse, c’est ce qu’on peut attendre des nouveautés annoncées par Google dans l’évolution du web, tant pour les utilisateurs que pour les développeurs dans les prochaines années.


 Ce quon retiendra de Google I/O pour lavenir du Web

Ceux qui font les Internets

Reposons quelques bases : en 2013, le Web a déjà plus de 20 ans d’existence et a mûri autour de l’évolution des ses principaux acteurs que sont les développeurs et designers, – ne les oublions pas – les utilisateurs, et surtout les fabricants de navigateurs (Google, Mozilla, Apple, Microsoft …). Ce sont les innovations et ruptures techniques successives à travers la « guerre des navigateurs » de ces derniers qui nous ont permis d’accéder aux applications très riches que l’on utilise aujourd’hui.

Avec sa conférence I/O, le géant de la Silicon Valley a montré qu’il était devenu un des principaux acteurs (ou l’acteur principal … ?), tout du moins incontournable, dans la construction du Web moderne et sans doute du Web à venir. Comment ? En consolidant  le modèle des services « à la Google » en misant toujours plus sur l’extension de ses services autour des – innombrables – données utilisateurs d’une part, et en prenant une part active à la création de nouveaux outils Web d’autre part. Deux moyens de façonner le futur du Web.


Google++

Aucune « révolution » n’a été annoncée lors de cet évènement, ce qui en a déçu beaucoup qui attendaient entre autres l’annonce d’un nouveau modèle du Nexus. Mais la plupart des services Google ont bénéficié, au delà du simple relifting, d’un boost dans les fonctionnalités proposées à l’utilisateur. Passons en revue les exemples les plus significatifs.

Google+ automatise de plus en plus de certains types de contributions jusqu’ici réservées aux utilisateurs : vos nouveaux posts sont automatiquement scannés par le réseau, qui y insère des liens adaptés à leur contenu. Vos images uploadées sont passées en revue et les doublons automatiquement supprimés, les lieux identifiés (#toureiffel), et les « meilleures » photos sont sélectionnées en fonction de leur composition, de la présence de sourires ou de paysages.

 Ce quon retiendra de Google I/O pour lavenir du Web

Maps analyse votre historique de recherche et celui de vos amis afin de vous proposer des lieux qui pourraient vous intéresser et que vos contacts recommandent. Les lieux proposés sont hiérarchisés selon les avis utilisateurs et Maps vous indique le chemin le plus utilisé pour s’y rendre. Les calculs d’itinéraires prennent en compte de plus en plus de paramètres de la réalité quotidienne : le trajet proposé sera optimisé selon la manière dont vous prévoyez de vous déplacer – à pied, à vélo, en transports, en navette spatiale, etc.

Bref, les services Google jouent la carte de l’intégration toujours plus grande des besoins de la vie de tous les jours, ces besoins que d’autres éditeurs ont tendance à laisser de côté pour se concentrer sur « l’essentiel ».


Définir de nouveaux standards

Cette logique est encore plus poussée dans le développement de ce que Google appelle « la recherche du futur ». Google a su faire progresser la reconnaissance vocale et le datamining au point d’envisager une manière totalement nouvelle de fournir de l’information à son utilisateur, basée sur la conversation – « OK Google, trouve moi ceci » et réponse instantanée – et sur l’anticipation : des suggestions contextualisées en fonction de votre location ou de votre agenda. Il ne s’agit plus ici de répondre à de simples recherches mais d’identifier à l’avance ce qu’un utilisateur pourrait rechercher à tel ou tel moment de sa journée et de lui envoyer l’ information dont il aura besoin à ce moment là.

Google prétend donc créer de nouveaux modèles et de nouveaux usages et possède probablement les moyens techniques et financiers pour y arriver. Reste à voir si les autres géants du Web suivront – on pense notamment à Apple ou à Microsoft dont les moyens sont beaucoup plus importants que ceux d’autres challengers comme la fondation Mozilla.

Mais Google détient un moyen de pression supplémentaire : changer la manière dont on fabrique le Web en mettant en place ses propres outils et s’imposer en tant que leader technologique.


Lors des trois jours de la conférence I/O, de nouvelles technologies “maison” ont été présentées. Par exemple Dart, un nouveau langage de programmation conçu à partir des meilleures pratiques du développement front-end et des « bonnes parties » du langage de référence utilisé dans ce domaine, le Javascript, que Google entend tout simplement remplacer à terme. Autre innovation qui pourrait changer la manière dont on peint les Internets : les Web Components. Cet outil intégré à Chrome permettra d’utiliser des « blocs » de code HTML et CSS (un formulaire, une sidebar) en utilisant une simple balise plutôt qu’en faisant appel à des scripts externes. Ces blocs seront intégrés à Chrome en tant que composants standards et donc testés ! Ils seront réutilisables de manière « industrielle » par les développeurs qui pourront se concentrer sur les fonctionnalités les plus avancées. L’avenir du Web façon Google s’annonce basé sur le pragmatisme et sur la priorité donnée à la réflexion autour de l’expérience utilisateur plutôt que sur la technique.

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Et dans 5 ans ?

Le succès technique du pari de Google reste à prouver, mais on peut penser qu’avec ses milliers d’ingénieurs et ses réserves financières, le géant de la Silicon Valley est en bonne position pour arriver à s’imposer comme leader dans l’innovation pour les utilisateurs comme pour les développeurs. Cela ne signifie pas que le Web deviendra un environnement 100% fermé à la sauce Google. La grande majorité de ses revenus venant de la la publicité, Google a  encore besoin d’un Internet ouvert et accessible.

Il est également nécessaire à Google que les autres grands acteurs tels Apple, Microsoft ou Mozilla le suivent dans sa lancée technologique et que les nouveaux outils proposés sous Chrome n’y restent pas isolés. Cela passera par de la collaboration, de la négociation, et des compromis plutôt que par une nouvelle « guerre des navigateurs » entre services et technologies propriétaires.

Mais si cela fonctionne, on pourrait s’attendre d’ici quelques années à un internet dont la technologie sera beaucoup plus accessible et où la qualité de l’expérience utilisateur et du service seront les meilleurs (les seuls ?) atouts permettant de se différencier réellement.

Et dans un monde où les marques commencent à mesurer l’importance de ces derniers, les convictions social intelligence et user centrics que nous impulsons chez Disko à l’ensemble des stratégies de nos clients sont donc plus que jamais primordiales et différenciantes.

Ne jamais oublier : le client l’utilisateur est roi !

 

 

 

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